Forêt-Noire : les pro-loup tentent d’empêcher le tir d’un loup jugé dangereux

Loup gris

En Allemagne, des militants pro-loup ont tenté d’empêcher par la voie judiciaire l’abattage d’un loup au comportement jugé problématique vis à vis des humains. Les tribunaux de Stuttgart et de Mannheim ont tranché : l’autorisation de tir délivrée par le gouvernement du Bade-Wurtemberg est légale. Le loup identifié sous le code « GW2672m », surnommé loup de Hornisgrinde, peut donc être abattu jusqu’au 10 mars. Mais les chasseurs chargés de cette mission doivent subir des actions militantes pour protéger l’animal jusque sur le terrain

Un recours des pro-loup balayé par les juges

Depuis janvier, le ministère régional de l’Environnement a autorisé son abattage après plus de 180 signalements recensés depuis début 2024. L’animal s’est approché à plusieurs reprises de chiens et d’humains dans le parc naturel de la Forêt-Noire. Des associations de défense du loup ont contesté cette décision en justice. Elles ont été déboutées. Les juges ont estimé que l’autorisation exceptionnelle entrait dans le cadre légal prévu par la réglementation allemande sur la protection de la nature.

Un loup qui perd sa crainte naturelle de l’homme

Le cœur du dossier n’est pas symbolique, il est comportemental. Un grand prédateur observé plus de 180 fois à proximité directe de promeneurs et de chiens n’est plus dans une dynamique de discrétion naturelle. La perte progressive de méfiance vis-à-vis de l’homme constitue toujours un signal d’alerte. Les équipes de chasseurs mandatées peinent cependant à travailler sereinement : des veillées sont organisées sur place par des défenseurs du loup, compliquant les opérations. Et à ce jour l’animal visé rôde toujours.

Protection ne signifie pas angélisme

Le loup reste une espèce protégée en Allemagne comme dans l’Union européenne. Mais protégé ne veut pas dire intouchable. Le droit prévoit des dérogations lorsque la sécurité publique ou la prévention de dommages l’exige. Dans le Land du Bade-Wurtemberg, seuls quatre loups sont considérés comme sédentaires. Les opposants à l’abattage mettent en avant cette faible population pour dénoncer une mesure excessive. Mais la gestion d’un grand prédateur ne se résume pas à un chiffre. Elle repose aussi sur l’analyse des comportements individuels.

Un débat que la France observe attentivement

La situation allemande rappelle les tensions connues en France : la cohabitation avec le loup suppose un équilibre entre protection de l’espèce (malheureusement imposée par l’Europe) et sécurité des populations et des cheptels. Notre pays fonctionne avec des plafonds annuels de prélèvements encadrés, intégrés dans une stratégie nationale et qui viennent d’être légèrement réhaussés par l’ État. Cependant, chez nous aussi les interactions entre le super prédateur et l’homme se multiplient, pour l’heure sans drame avéré, et les incursions lupines en zones d’habitat humain ne sont pas anodines mais révélatrices d’une confiance de l’animal en son impunité à s’approcher de l’homme et de ses animaux domestiques ou d’élevage. Et cela, en France comme en Allemagne, les jusqu’au-boutistes de la défense du loup ne veulent pas le voir. Espérons qu’un drame ne soit pas nécessaire pour leur faire ouvrir les yeux sur la dangerosité d’une espèce qui a, à juste titre, toujours inspiré la peur chez nos anciens.

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