La LPO a remis en novembre 2025 treize propositions au ministère de la Transition écologique. Sous couvert de biodiversité, c’est bien un verrouillage progressif des campagnes qui s’annonce : interdictions, sanctuarisation, endoctrinement, inflation budgétaire. Le monde de la chasse et plus largement l’ensemble de la ruralité seraient bien inspirés de prendre la mesure de ces ambitions inquiétantes, surtout si le gouvernement veut y donner suite. Nous vous partageons ici les propositions qui nous semblent nuire le plus au monde rural et à notre passion.
Proposition 1 : Interdire la chasse des espèces en « mauvais » état de conservation
La LPO demande “d’interdire la chasse des espèces en mauvais état de conservation”, en se référant à la liste rouge UICN, à la directive oiseaux, ou à la future stratégie nationale biodiversité. Cela signifie en clair : interdire la chasse des canards, limicoles, oies, bécassines, sarcelles… au moindre classement “défavorable” – souvent dicté par la LPO elle-même. « Il faut interdire la chasse des espèces chassables toutes listes confondues, dont l’état de conservation est défavorable. »
Le but ? Imposer un gel permanent, alors même que nombre d’espèces se portent bien sur le terrain, grâce à la gestion raisonnée des prélèvements et la protection des habitats par les chasseurs.
Proposition 3 et 4 : Sanctuarisation des milieux humides et jachères intégrales
La LPO veut “créer des réserves naturelles fluviales” (Prop. 3) et “mettre en jachère des surfaces de l’estran” (Prop. 4). Elle vise ainsi la fermeture progressive de pans entiers de territoires, interdisant toute activité, chasse comprise, sur d’innombrables zones classées “sensibles”. « La LPO propose la mise en jachère de surfaces importantes de l’estran, avec l’assistance de l’État. »
Conséquence : les chasseurs de gibier d’eau et les agriculteurs seront évincés de leurs propres territoires, privés de gestion et de transmission.
Proposition 7 et 8 : Toujours plus de moyens pour les associations, toujours moins pour les ruraux
La LPO exige la “pérennisation du Loto de la biodiversité” (Prop. 7), c’est-à-dire une nouvelle manne financière à sa main, et “le respect de l’engagement de l’État pour la pérennisation des centres de soins” (Prop. 8), sous gestion associative, naturellement. « Appuyer durablement les moyens des centres de soins associatifs pour la faune sauvage, en augmentant les financements de l’État. »
Le but ? Obtenir davantage de subventions, alors que le budget de la LPO dépasse déjà les 36 millions d’euros, tout en accroissant son pouvoir de décision sur la gestion de la faune.
Proposition 9 et 10 : Renforcer l’emprise administrative et l’influence citoyenne
La LPO réclame de “défendre et renforcer les établissements publics” (Prop. 9), dont l’OFB, l’ANSES, l’ADEME… et de “renforcer la prise en compte de l’avis des citoyens lors des consultations publiques” (Prop. 10). « L’objectif est d’améliorer la prise en compte de l’avis des citoyens, notamment dans les projets réglementaires environnementaux. »
Ce glissement vise à marginaliser les acteurs historiques de la gestion des territoires, chasseurs, agriculteurs, pêcheurs, au profit de “consultations” pilotées par des associations militantes et souvent hors-sol.
Proposition 11 : Imposer l’idéologie LPO à l’école
La LPO propose “d’enseigner la biodiversité dans toutes les écoles primaires grâce à l’Éphéméride de la biodiversité”. Elle explique vouloir « Proposer d’assurer gratuitement à tous les élèves l’éphéméride de la biodiversité et de généraliser les sorties nature LPO dans toutes les écoles. »
Derrière la façade éducative, il s’agit bien d’un formatage de la jeunesse, avec la vision LPO présentée comme unique, et sans contradiction possible. Les savoir-faire ruraux, la gestion durable, la transmission cynégétique ? Oubliés.
Proposition 12 : Monuments historiques sanctuarisés
Sous prétexte de “faire des monuments historiques des sanctuaires de vie sauvage”, la LPO propose un verrouillage supplémentaire de l’accès à la nature, via le classement et la réglementation drastique. Son objectif ? « Accorder une reconnaissance écologique à ces monuments, en les associant à des obligations de protection de la faune. »
Encore une fois : moins de liberté pour les locaux, plus de contraintes, toujours au nom d’une écologie de façade.
Une société rurale placée sous tutelle
Ces propositions révèlent une stratégie limpide : dessaisir les ruraux de la gestion de leur territoire, sanctuariser le moindre hectare au profit d’associations sursubventionnées, imposer une idéologie dès l’école primaire, et renforcer l’administration centrale et l’emprise citoyenne sous contrôle militant. Pour la chasse, l’agriculture, la pêche et la vie rurale, c’est une menace directe, massive et programmée. Et les derniers signes donnés par le gouvernement comme la nomination d’un écologiste militante à la tête de l’OFB ne nous inclinent pas à la sérénité…..











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