Loups en Haute-Marne: +1500% d’attaques sur les troupeaux en un an !

Meutes de loups dévorant une proie

En Haute-Marne, le loup n’est plus un fantôme : une meute s’est installée dans le Bassigny, provoquant une hausse de 1 500 % des attaques sur les troupeaux en un an. Face à la détresse des éleveurs, l’État mise sur des clôtures expérimentales, coûteuses et encore très marginales. Les tirs de défense restent, pour l’instant, l’unique réponse autorisée.

Une prédation hors de contrôle

L’année 2025 aura marqué un tournant pour les éleveurs haut-marnais : « la prédation a été multipliée par 1 500 % entre 2024 et 2025 », est obligée de reconnaître la préfète Régine Pam. Une meute de neuf loups, installés sur le secteur du Bassigny et désormais identifiés, ont tué près de 800 moutons, plongeant tout un département dans le désarroi.

Des clôtures miracles ? Pas si simple…

Pour l’État, la parade tient en un mot : clôtures. Vingt-cinq éleveurs, sur la centaine que compte le département, ont accepté d’installer des barrières “nouvelle génération” : traditionnelles, mais plus hautes, renforcées de deux fils électriques en haut et d’un fil barbelé en bas. Montagne ou plaine, il faut s’adapter. Si la préfète affirme qu’aucune parcelle protégée n’a connu de prédation depuis, la portée de l’expérience reste limitée. Impossible, à ce stade, d’en faire une solution généralisable : le coût de ces installations dépasse de loin celui des clôtures classiques, et seuls 25 sites ont pu être équipés. De quoi rassurer ? Rien n’est moins sûr.

Tirs de défense : des éleveurs sous surveillance

Dans ce contexte, la régulation du prédateur reste sous étroite surveillance administrative. Seuls les éleveurs ayant mis en place ces clôtures “validées” peuvent, en dernier recours, effectuer un tir de défense simple, à condition d’être eux-mêmes titulaires du permis de chasser, ou d’être assistés par un chasseur, un lieutenant de louveterie ou un agent de l’OFB. Les tirs de prélèvement, dernière étape prévue par la loi, ne sont pour l’instant pas d’actualité en Haute-Marne.

Un climat de tension, des réponses limitées

La découverte récente d’une dépouille de canidé, “susceptible de correspondre à un loup”, vient ajouter à la tension ambiante. L’affaire est désormais entre les mains de la justice. Sur le terrain, les éleveurs continuent, eux, de payer le prix fort d’un retour du loup qui, année après année, s’impose sur de nouveaux territoires. À l’État d’apporter enfin des réponses à la hauteur de la crise : la ruralité attend autre chose qu’un simple bricolage administratif.

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