Régulation du renard dans l’Essonne: La Fondation Bardot parle de « massacre »

Renard

Depuis un arrêté préfectoral signé le 2 décembre 2025, six lieutenants de louveterie sont autorisés à tirer les renards, de nuit, autour des élevages avicoles de plusieurs dizaines de communes de l’Essonne, et ce jusqu’au 31 décembre. Objectif affiché : limiter les dégâts sur les volailles et prévenir les problèmes sanitaires dans un mois de décembre jugé sensible pour la reproduction du renard. Sans surprise, la décision déclenche déjà la colère des associations animalistes, au premier rang desquelles la Fondation Brigitte Bardot, qui parle de massacre nocturne et de décision morbide.

Un arrêté pour sécuriser les élevages avicoles

L’arrêté préfectoral n°2025-DDT-SE-446 autorise les tirs de nuit de renards sur les communes où se situe un élevage avicole ainsi que sur les communes limitrophes. La préfecture motive cette décision par la présence indésirable et récurrente de renards autour de ces exploitations et par les dégâts qu’ils engendrent sur les volailles. La période choisie n’est pas anodine : en décembre, le renard devient potentiellement plus mobile avec le démarrage de sa saison de reproduction, ce qui augmente mécaniquement les risques d’attaques dans les poulaillers. Pour les éleveurs, déjà confrontés à un contexte économique tendu, voir des dizaines de poules ou de jeunes volailles massacrées en une seule nuit n’est pas une abstraction, mais une réalité très concrète.

Une régulation encadrée par la louveterie

Contrairement à ce que laissent entendre certains messages militants, il ne s’agit ni de chasse nocturne généralisée ni d’une opération improvisée. Seuls six lieutenants de louveterie, auxiliaires bénévoles de l’État, sont habilités à intervenir, chacun pouvant bénéficier au maximum de trois aides. Avant chaque opération, ils doivent prévenir les forces de l’ordre et le service local de l’Office français de la biodiversité, transmettre à la direction départementale des territoires l’immatriculation de leurs véhicules ainsi que les coordonnées de leurs accompagnants. Après les tirs, les renards prélevés sont remis aux services techniques des communes concernées et un compte-rendu détaillé est adressé à l’administration. On est donc loin de la caricature d’une chasse nocturne sauvage : la régulation est ciblée, limitée dans le temps et placée sous contrôle strict de l’État.

Les agriculteurs dénoncent des dégâts en hausse

Ce nouvel arrêté prolonge une première autorisation accordée entre le 1er août et le 12 septembre 2025, déjà centrée sur les élevages avicoles. À l’origine, un courrier commun de la FDSEA, de la chambre d’agriculture d’Île-de-France et des Jeunes Agriculteurs d’Île-de-France Ouest avait alerté la préfète sur une situation jugée intenable. Dans la lettre d’information des agriculteurs de la DDT de l’Essonne, les signataires évoquent ainsi « l’augmentation constante des dégâts causés par les renards sur notre territoire, se traduisant par des pertes dans les exploitations de poules pondeuses mais également par des problèmes sanitaires (gale) dans certains élevages ». Pour les professionnels, la régulation n’est donc pas un caprice, mais une mesure de protection de leur outil de travail et de la santé de leurs animaux, dans un secteur déjà fortement encadré sur le plan sanitaire.

La Fondation Brigitte Bardot dénonce une décision morbide

La publication de l’arrêté a immédiatement fait réagir la Fondation Brigitte Bardot. Sur les réseaux sociaux, l’association parle de « Massacre nocturne autorisé dans l’Essonne » et fustige une « décision morbide et scandaleuse ». Elle rappelle le rôle écologique du renard, affirmant : « Le renard joue un rôle écologique majeur en régulant les populations de rongeurs, limitant ainsi naturellement la propagation de maladies et les dégâts aux cultures. Prédateur indispensable à l’équilibre de la biodiversité, il mérite protection et reconnaissance plutôt que cette guerre d’extermination injustifiée. » Pour la Fondation, toute régulation apparaît comme une atteinte insupportable à un animal qu’elle estime injustement visé, quitte à passer sous silence la détresse des éleveurs confrontés aux pertes à répétition dans leurs bâtiments

Entre idéologie urbaine et réalité rurale

Cette polémique illustre une fois de plus le fossé qui se creuse entre une vision idéalisée de la faune sauvage, souvent portée depuis les centres urbains, et la réalité du terrain que vivent au quotidien les éleveurs et les acteurs de la ruralité. Personne ne conteste le rôle écologique du renard ni la nécessité de maintenir des populations en un état de conservation correcte mais compatible avec l’équilibre de la biodiversité. Mais ignorer les dégâts bien réels subis par les élevages avicoles, c’est faire peser sur quelques exploitations déjà fragilisées le coût intégral d’un choix idéologique. En assumant une régulation ciblée, strictement contrôlée et limitée dans le temps, la préfecture de l’Essonne tente au contraire de trouver un équilibre entre le maintien raisonné des populations d’animaux sauvages et la survie économique des élevages. C’est précisément ce compromis, ancré dans le réel, que refusent les discours les plus radicaux, qui préfèrent crier au massacre plutôt que de regarder en face la situation des hommes et des femmes qui nourrissent le pays.

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Une réponse à “Régulation du renard dans l’Essonne: La Fondation Bardot parle de « massacre »”

  1. Bob 26

    La fondation Bardot ne résout rien en attaquant la décision du préfet !
    Juste bon a gueuler et s offusquer.
    Trop de renard tue le renard.
    Seul la régulation de ce prédateur de poulailler oui parce que les poules sont plus faciles à attraper que les animaux sauvages dont ils peuvent se nourrir ,permet de réduire la prédation et maintient la population dans des effectifs raisonnables.
    Il en est de même pour le loup le blaireau et tant d autres comme les buses faucons et autres rapaces en tout genres que l’on voit proliférer..

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