Salon de l’Agriculture : forte chute de fréquentation

Entrée du Salon de l'Agriculture

La 62e édition du Salon international de l’Agriculture a fermé ses portes avec une baisse marquée de la fréquentation. Près de 30 % de visiteurs en moins cette année, une décrue largement attribuée à l’absence de bovins pour cause de dermatose, dans un contexte agricole toujours sous tension.

Près de 170 000 visiteurs en moins

Ouvert le 21 février à Paris, le Salon a accueilli 437 402 visiteurs, contre 607 000 l’an dernier, soit une baisse de 27,9 %. On est loin des records passés, notamment celui de 2014 et ses 703 000 entrées. Dès les premiers jours, la tendance était perceptible. Les allées, souvent saturées les années précédentes, sont restées plus fluides, malgré un dernier week-end plus animé dans les halls gastronomiques régionaux. L’absence des bovins, interdits cette année en raison d’un épisode de dermatose, a profondément marqué l’événement. Depuis 2019 déjà, les volailles avaient disparu à cause de la grippe aviaire. Pour beaucoup d’exposants, le Salon sans animaux d’élevage perd une part essentielle de son identité.

Une agriculture en crise de repères

Au-delà de la fréquentation, le Salon 2026 s’est tenu dans un climat de crise agricole persistante : revenus sous pression, compétitivité fragilisée, interrogations sur l’avenir du modèle familial français face aux grandes exploitations européennes. La question de la souveraineté alimentaire est revenue au centre des discours, tout comme celle des moyens de production. En toile de fond, les débats sur la future PAC 2028-2034 et l’accord de libre-échange UE-Mercosur continuent d’inquiéter nombre de filières. Le bio, de son côté, a connu en 2025 sa première baisse du nombre d’exploitations engagées, même si la demande semble repartir. Là encore, les équilibres restent fragiles.

La chasse toujours présente

Malgré cette édition en demi-teinte, la Fédération Nationale des Chasseurs était une nouvelle fois présente porte de Versailles. L’occasion de faire découvrir au grand public son label “Gibier de France”, visant à valoriser une venaison locale, tracée et issue de territoires gérés durablement. Dans un salon marqué par l’absence des bovins, la présence de la filière gibier rappelait qu’au-delà des crises sanitaires et des débats politiques, les territoires ruraux restent vivants et actifs.

Un salon affaibli à l’image du monde paysan

Le Salon de l’Agriculture demeure un rendez-vous majeur pour le monde rural. Mais cette édition aura montré combien l’événement repose encore largement sur la présence animale et sur la capacité des filières à se projeter sereinement dans l’avenir. Une baisse de près de 30 % n’est jamais anodine. Elle traduit à la fois un contexte sanitaire particulier et une forme de fatigue générale d’un secteur en quête de stabilité et de reconnaissance

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