Prônant la défense des animaux, le Collectif Animal 36 et son président viennent pourtant d’être condamné pour trafic d’animaux sauvages. Pris la main dans le sac avec un véritable “zoo clandestin” à son domicile, Fabrice Le Guiniec, figure locale de la mouvance animaliste, illustre jusqu’à la caricature cette hypocrisie qui gangrène certains militants : donner des leçons aux autres tout en s’affranchissant des lois.
Un “justicier” animaliste rattrapé par la patrouille
Le tribunal judiciaire de Châteauroux a condamné ce lundi Fabrice Le Guiniec, président du Collectif Animal 36, à 500 € d’amende avec sursis, tout comme son association, pour détention et trafic d’animaux non domestiques. Ce militant très engagé dans la cause animale s’est retrouvé pris la main dans le sac… après avoir recueilli, soigné, mais surtout détenu sans aucune autorisation légale, un véritable “zoo” à domicile : tortues de Floride, tortues grecques, tortues d’Hermann, un renard roux, un iguane vert et même un boa constrictor.
L’hypocrisie en étendard : dénoncer les autres, mais contourner la loi
C’est à la suite de dénonciations internes, d’anciens membres lassés de ses méthodes, que l’Office Français de la Biodiversité (OFB) a mené une perquisition au domicile du président en février 2023. Résultat : une série d’espèces protégées ou invasives gardées en toute illégalité. Pourtant, la réglementation est claire : détenir un animal sauvage, même pour de “bonnes intentions”, impose une autorisation spécifique, un enregistrement officiel (fichier I-FAP), et des justificatifs stricts. Autant de démarches que ce “chevalier blanc” de l’animalisme a superbement ignorées.
“C’est moi qui dénonce les trafics !”
À la barre, blouson de cuir sur le dos, Fabrice Le Guiniec joue la carte de l’incompréhension : “C’est moi qui dénonce les trafics de bêtes devant les tribunaux… comment pourrais-je en faire commerce ?” Et de se présenter en martyr, s’indignant d’être comparé à ceux qu’il combat. Le tribunal, visiblement sensible à ce folklore, s’est contenté d’une peine avec sursis, soulignant que “ceux qui ont gagné, ce sont les animaux et leur bien-être”… Reste que le président du Collectif Animal 36 a bien admis les faits : recueillir des tortues de Floride cédées “par une personne âgée”, ou ramasser un iguane vert “mal en point” sur le bord de la route, ce n’est pas respecter la loi. Un défenseur de la cause animale qui s’affranchit des règles : tout un symbole.
L’exemplarité n’est pas toujours du côté des donneurs de leçons
L’OFB, pourtant partie prenante du dossier, n’a même pas jugé utile de se constituer partie civile, semblant plus accomodant qu’avec les agriculteurs ou les chasseurs. Il n’en reste pas moins que cette affaire jette une lumière crue sur les méthodes de certains militants animalistes : prompts à traquer la moindre erreur chez les autres, mais beaucoup plus souples dès qu’il s’agit de leurs propres petites transgressions. La prochaine fois qu’un président d’association animaliste s’érigera en procureur contre la chasse ou les usages de la ruralité, gageons qu’il sera bon de rappeler que la loi, elle, ne souffre pas le deux poids deux mesures.












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