Alors que l’Office français de la biodiversité (OFB) a publié son bilan de l’accidentologie à la chasse, une tendance nette se confirme : le nombre d’accidents mortels liés à la chasse atteint un niveau historiquement bas, avec seulement six décès recensés. Ce chiffre s’inscrit dans une diminution de 77 % en vingt ans, fruit de plusieurs décennies de travail sur la sécurité. En revanche, le nombre total d’accidents et d’incidents matériels reste surveillé de près, rappelant que la vigilance ne peut être relâchée.
Une baisse durable des accidents mortels
Depuis le début des années 2000, les bilans publiés par l’OFB témoignent d’un recul régulier des accidents mortels. Le chiffre de six décès, stable par rapport à la saison précédente, confirme cette évolution structurelle. Cette amélioration résulte d’un renforcement global de la culture de sécurité : formation obligatoire au permis de chasser, intégration d’épreuves pratiques centrées sur les comportements sécurisés, élimination immédiate en cas de geste dangereux à l’examen et, plus récemment, mise en place d’une formation décennale rendue obligatoire par la loi Chasse de 2019. À l’horizon 2030, tous les chasseurs auront bénéficié de cette remise à niveau. Dans le même temps, la part des victimes non chasseuses diminue, passant de 23 personnes blessées une saison précédente à 12 sur la dernière période étudiée. Ce recul traduit une meilleure prise en compte des zones habitées et fréquentées lors des actions de chasse.
Un volume d’accidents globalement contenu
Malgré cette baisse durable des décès, les chiffres globaux montrent 97 accidents recensés, dont 58 graves. Ce volume reste relativement stable mais rappelle que chaque incident doit être pris au sérieux. Plus de la moitié des accidents concernent la chasse au grand gibier, une pratique qui mobilise des munitions puissantes et implique des tirs à distance. Le non-respect de l’angle de 30° demeure la principale cause d’accident, représentant 42 % des cas, en hausse par rapport à une saison antérieure (33 %). Les auto-accidents progressent également et représentent désormais 40 % des cas, dont plusieurs mortels, principalement en raison d’une mauvaise manipulation des armes.
Des incidents matériels en hausse autour des habitations
Les signalements d’incidents matériels, sans blessure corporelle, connaissent une augmentation notable : 103 cas recensés contre 84 précédemment. Plus de la moitié concernent des tirs en direction d’habitations, suivis des tirs vers des véhicules et des tirs sur animaux domestiques. Difficile de déterminer s’il s’agit d’une hausse réelle ou d’une amélioration de la déclaration des faits, mais cette évolution souligne l’importance de la maîtrise de l’environnement de tir et du respect des règles de sécurité, en particulier à proximité des zones habitées et fréquentées.
Une mobilisation continue autour de la sécurité
Derrière ces chiffres, la mobilisation des fédérations départementales et de l’OFB reste constante. L’examen du permis de chasser, organisé depuis 2003 avec des épreuves pratiques et théoriques centrées sur la sécurité, constitue un pilier majeur de cette évolution. Chaque année, des campagnes de sensibilisation rappellent les fondamentaux : respect de l’angle de tir, manipulation sécurisée des armes, prise en compte des zones habitées, port de vêtements haute visibilité et anticipation des situations à risque. En complément des contrôles quotidiens, une opération nationale de contrôle est réalisée chaque saison avec la Gendarmerie nationale, renforçant la prévention et la répression des comportements dangereux.
Une évolution culturelle au sein de la chasse française
Le recul des accidents mortels traduit une transformation plus large de la culture cynégétique française. Les chasseurs sont mieux formés, mieux équipés et davantage sensibilisés à la sécurité. La communication sur les bonnes pratiques s’est intensifiée, tout comme la signalisation des zones de chasse et la sensibilisation des riverains. Cette évolution, construite sur le long terme, participe à préserver la sécurité des chasseurs et des non-chasseurs, tout en renforçant la légitimité d’une pratique réglementée.
Des chiffres encourageants, mais une vigilance à maintenir
Avec un nombre historiquement bas d’accidents mortels, la chasse en France poursuit sa trajectoire de baisse structurelle. Cependant, la hausse des incidents matériels et la persistance de causes récurrentes comme le non-respect de l’angle de 30° rappellent qu’aucune baisse n’est acquise sans effort collectif. Les fédérations, l’OFB et l’ensemble des chasseurs partagent un objectif commun : poursuivre la réduction des accidents et garantir que la sécurité reste une priorité absolue sur le terrain.












Laisser un commentaire