La tempête Goretti continue d’avoir des conséquences concrètes pour les chasseurs bretons. Dans les Côtes-d’Armor, un arrêté préfectoral pris le 9 janvier 2026 a conduit à l’interdiction immédiate de la chasse sur plusieurs communes du département, dont La Motte, près de Loudéac. Sur ce territoire rural où la chasse occupe une place importante dans la vie locale, la décision est directement liée aux dégâts causés par l’épisode météo sur les infrastructures électriques.
Une interdiction totale de la chasse jusqu’à nouvel ordre
Le préfet des Côtes-d’Armor a décidé de suspendre toutes les activités de chasse sur les communes concernées, sans date de reprise annoncée. La mesure s’applique à compter de la publication de l’arrêté et reste valable « jusqu’à nouvel ordre ». Cela signifie que toutes les formes de chasse sont concernées, qu’il s’agisse de battue, d’affût, d’approche ou de chasse devant soi. Pour les sociétés de chasse, les traqueurs et les propriétaires de territoires, la consigne est claire : aucun chasseur ne doit être présent en forêt jusqu’à nouvel ordre.
Une décision liée aux interventions d’Enedis
La raison principale de cette suspension n’est pas environnementale ni cynégétique, mais liée à la sécurité. Le passage de la tempête Goretti a fortement endommagé le réseau électrique dans plusieurs secteurs du département. De nombreux agents d’Enedis sont actuellement mobilisés sur le terrain pour rétablir l’alimentation et sécuriser les lignes.
La préfecture met en avant la nécessité absolue de garantir la sécurité de ces équipes. La raison invoquée, « dans des zones boisées, bocagères ou agricoles où la chasse est pratiquée, la présence de tireurs et de chiens pourrait créer un risque majeur pour les techniciens qui interviennent parfois hors des routes, au plus près des lignes et des poteaux. »
Si l’arrêté peut sembler logique d’un point de vue sécuritaire s’agissant des lignes électriques, la raison invoquée semble quelque peu ubuesque. En effet, les techniciens se trouvent en général à proximité des routes avec des véhicules dédiés et en tenue visible. Les chasseurs n’auraient pas pris le risque d’organiser une battue si des techniciens étaient en opération sur un secteur défini…
La Motte touchée, mais des dégâts localisés
Sur la commune de La Motte, la tempête n’a pas provoqué de destructions généralisées, mais plusieurs hameaux ont tout de même été privés d’électricité. Les secteurs de Quiballion, des Broussettes et de la Pierre à l’Âne ont subi une coupure importante durant la nuit et la matinée suivant la tempête.
L’alimentation a depuis été rétablie, mais les opérations de contrôle, de réparation et de sécurisation du réseau se poursuivent. C’est cette phase de travaux, souvent invisible pour le public, qui justifie le maintien de l’interdiction de la chasse.
Une mesure qui impacte directement les chasseurs locaux
Pour les chasseurs de La Motte et des communes voisines, cette suspension tombe en pleine saison de chasse. Battues au grand gibier, gestion des populations de sangliers, régulation du chevreuil ou du renard sont toutes concernées.
Sur le plan cynégétique, ce type d’arrêté peut compliquer le respect des plans de chasse, retarder certaines actions de régulation et perturber l’organisation des équipes. Mais juridiquement, la règle est simple : un arrêté préfectoral prime sur toute autorisation locale ou associative.
Tout chasseur qui enfreindrait cette interdiction s’exposerait à des sanctions pénales, indépendamment de son intention ou de son statut.












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