Le réveillon de Noël 2025 a été marqué par un drame sur les routes normandes. En début de soirée, mercredi 24 décembre, un grave accident de la circulation s’est produit sur la route départementale 22, sur la commune de Sainte-Croix-Hague, dans le nord de la Manche. Le bilan humain est particulièrement lourd : une personne a perdu la vie et cinq autres ont été blessées, dont une grièvement.
Selon les premiers éléments communiqués par la gendarmerie, un sanglier, a traversé la chaussée alors qu’il faisait nuit. Le conducteur d’un premier véhicule, un jeune homme d’une vingtaine d’années, circulait avec sa sœur lorsqu’il a percuté l’animal. Sous la violence du choc, la voiture s’est déportée sur la voie opposée et a percuté un second véhicule arrivant en sens inverse. À bord de ce second véhicule se trouvaient un couple et deux adolescents. Tous ont été blessés lors de la collision et transportés vers les services d’urgence. Le conducteur du premier véhicule est décédé sur le coup. Sa sœur, grièvement blessée, a été prise en charge par les secours dans un état grave, avec un pronostic vital engagé.
Une mobilisation massive des secours
Face à la gravité de la situation, les secours ont été engagés en nombre. Vingt-huit sapeurs-pompiers ont été mobilisés, accompagnés du Smur et de deux hélicoptères de la Sécurité civile, Dragon 50 et Dragon 76. Les opérations de secours ont duré plusieurs heures dans des conditions rendues difficiles par la nuit et le froid. Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, la gendarmerie a tenu à exprimer son soutien aux victimes et à leurs proches, rappelant l’importance de la vigilance sur les routes en cette période de fêtes. Un appel d’autant plus appuyé que les conditions météorologiques hivernales, avec des risques de verglas, accentuent les dangers liés aux déplacements nocturnes.
La faune sauvage, un risque routier sous-estimé
Ce drame n’est malheureusement pas un cas isolé. Les collisions entre véhicules et animaux sauvages, notamment les sangliers et les chevreuils, sont fréquentes en France, en particulier dans les zones rurales et périurbaines. L’hiver, la baisse de luminosité, l’activité accrue des animaux au crépuscule et la recherche de nourriture augmentent considérablement le risque d’accident. Chaque année, les animaux sauvages sont impliqués dans des milliers d’accidents corporels. Ces collisions peuvent avoir des conséquences dramatiques, comme l’illustre ce drame survenu dans le Cotentin, rappelant que la route reste l’un des principaux lieux de mortalité indirecte liée à la faune sauvage.
Les animaux sauvages tuent 50 personnes par an sur les routes françaises
Depuis plusieurs années, les chiffres sont connus mais rarement mis en perspective. En France, les collisions avec des animaux sauvages provoquent en moyenne une cinquantaine de morts par an sur les routes. Pourtant, depuis une semaine, le débat public s’est focalisé sur une autre question : les chasseurs doivent-ils cesser de chasser le dimanche ? Une interrogation récurrente, souvent ravivée à la suite d’accidents.
Oui, des accidents de chasse existent. En moyenne, on en recense un tous les quatre jours. Mais dans le même laps de temps, la voiture provoque environ 3500 morts par an. Autrement dit, il y a autant de morts sur les routes en une seule journée qu’en une année entière liée à la pratique de la chasse. Si l’on pousse le raisonnement plus loin, le contraste est encore plus frappant. En multipliant le nombre moyen de sorties de chasse par le nombre de chasseurs, on atteint environ 30 millions d’occurrences de chasse par an. Pour ces 30 millions de sorties, la chasse provoque environ 90 accidents. Un ratio extrêmement faible, souvent absent du débat public.
La chasse, une activité nécessaire au-delà des idées reçues
Comparer la voiture et la chasse peut sembler dérisoire. La voiture apparaît comme indispensable, la chasse comme optionnelle. Pourtant, si l’on considère l’homme, l’agriculture, la biodiversité et même le bien-être animal, la chasse occupe une place essentielle dans l’équilibre des territoires.
La régulation des populations de sangliers en est l’exemple le plus concret. Sans gestion cynégétique, les effectifs explosent, augmentant mécaniquement les dégâts agricoles et les risques d’accidents routiers. Les collisions impliquant des sangliers, comme celle survenue à Sainte-Croix-Hague, sont aussi la conséquence d’une cohabitation complexe entre activités humaines, infrastructures routières et faune sauvage.
Les expériences menées ailleurs, notamment dans de grands espaces naturels laissés sans intervention humaine, montrent que la nature « sous cloche » ne fonctionne pas. L’absence de régulation crée des déséquilibres aux conséquences parfois dramatiques, tant pour les animaux que pour les humains.
Sécurité routière, faune sauvage et responsabilité collective
Ce drame rappelle une réalité souvent oubliée : la sécurité routière ne dépend pas uniquement de la vitesse ou de l’alcool, mais aussi de notre capacité collective à gérer la présence de la faune sauvage. Signalisation adaptée, vigilance accrue aux heures à risque, information du public et gestion cynégétique sont autant de leviers complémentaires.
En cette période de fêtes, marquée par de nombreux déplacements, la prudence reste le premier rempart face à ces risques. Mais à plus long terme, c’est une réflexion globale sur la cohabitation entre routes, animaux sauvages et territoires ruraux qui s’impose, loin des raccourcis et des polémiques.












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