Un drame a endeuillé le monde de la chasse dans la Somme. Dimanche 21 décembre, en fin de matinée, un chasseur a été mortellement touché par un tir d’arme à feu dans un bois situé sur la commune de Domart-en-Ponthieu, entre Amiens et Abbeville. Quelques jours après les faits, le parquet d’Amiens a annoncé la mise en examen d’un homme de 22 ans pour meurtre, ainsi que son placement en détention provisoire.
Les faits : une altercation dans un bois privé
Selon les éléments communiqués par le procureur de la République d’Amiens, les gendarmes ont été alertés dimanche par l’épouse de la victime. Inquiète, celle-ci savait que son mari avait eu une altercation avec des personnes présentes sur la parcelle boisée où il s’était rendu pour chasser. À leur arrivée sur place, les forces de l’ordre ont découvert le corps du chasseur, présentant une plaie importante au thorax. La victime, âgée de 46 ans selon les dernières informations, était co-gérant d’une petite entreprise de menuiserie basée à Abbeville. L’autopsie a établi que le décès était consécutif à un tir unique par arme à feu. Aucun élément ne permettait de conclure à une bagarre physique préalable au coup de feu.
Une enquête menée par la section de recherches d’Amiens
L’enquête a été confiée à la section de recherches d’Amiens, qui a procédé à de nombreuses auditions, notamment au sein des chasseurs présents dans le secteur ce jour-là. Les investigations ont permis de déterminer qu’un groupe de trois personnes chassait à proximité de la parcelle appartenant à la victime. L’un d’eux se serait rendu seul sur ce terrain privé. Peu après, ses deux accompagnateurs ont indiqué avoir entendu des cris, suivis de coups de feu. Le jeune homme serait ensuite revenu vers eux en expliquant qu’une altercation avait eu lieu et qu’il avait tiré en l’air.
Le tireur reconnaît les faits mais conteste l’intention de tuer
Lundi, après avoir appris le décès du chasseur, les deux personnes accompagnant le mis en cause se sont présentées spontanément à la gendarmerie. À l’issue de la garde à vue des trois individus, un homme de 22 ans, jusqu’alors inconnu des services de police et de justice, a reconnu être l’auteur des tirs. Selon le parquet, il a admis avoir tiré à trois reprises, dont deux fois en direction de la victime. Placé en garde à vue, il a reconnu être à l’origine du tir mortel, tout en contestant toute intention homicide.
Son avocat, Me Stéphane Diboundje, affirme que son client aurait été poursuivi par le propriétaire du bois après être entré sur cette parcelle privée. Pris de panique, le jeune homme aurait d’abord tiré une première fois en l’air, avant de faire feu en direction du chasseur, par peur, sans vouloir le tuer.
Une qualification pénale qui fait débat
Si le parquet d’Amiens a retenu la qualification de meurtre à ce stade de la procédure, la défense conteste cette qualification. Pour l’avocat du mis en cause, les faits relèveraient davantage de « violences avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Cette question juridique sera au cœur de l’information judiciaire qui s’ouvre désormais. Le jeune homme a été mis en examen et placé en détention provisoire, dans l’attente des suites de l’enquête et des décisions judiciaires à venir.
Un contexte déjà tendu sur la parcelle concernée
Selon une source proche du dossier, le propriétaire du bois avait déjà, quelques jours auparavant, surpris des personnes sur sa parcelle, ce qui aurait donné lieu à une première dispute. D’après la défense, cette altercation antérieure n’impliquerait pas le mis en cause, mais pourrait expliquer l’état de tension dans lequel se trouvait la victime au moment des faits. Les enquêteurs cherchent désormais à établir avec précision le déroulement exact de la scène, les distances de tir, les positions respectives des protagonistes et le contexte précis dans lequel l’arme a été utilisée.











Laisser un commentaire