Salon de la chasse de l’IWA : quelles tendances à 10 jours de l’ouverture ?

À moins de dix jours de l’ouverture du grand rendez-vous mondial de la filière chasse et tir à Nuremberg, Georg Loichinger, responsable des relations publiques de l’IWA, décrypte pour So Chasse les mutations du salon, la gestion de l’après-Covid, les innovations attendues et les raisons du passage à une édition prévue en avril 2027. Entretien

BSL : Georg, L’IWA a près d’un demi-siècle d’histoire. Quel est son rôle aujourd’hui pour la filière ?

GL : L’histoire de l’IWA commence en 1974 à Nuremberg, avec un rendez-vous alors très centré sur le commerce armurier allemand. Ce qui est frappant, c’est le chemin parcouru depuis. Aujourd’hui, le salon est devenu la plateforme mondiale du B2B pour la chasse et le tir, tout en restant fidèle à sa promesse d’origine : créer un lieu où la filière se retrouve pour travailler ensemble.
Lorsque l’on traverse les halls, on comprend que l’IWA n’est pas une simple vitrine de produits. C’est un espace où l’on construit des synergies, où les décisions se prennent et où les visions se confrontent. C’est un salon international, exigeant, profondément ancré dans la pratique et dans la réalité du commerce spécialisé.

Stefanie Leege, directrice du salon

BSL : Que pouvez-vous nous dire de l’édition 2026 ?

GL : Du 26 février au 1er mars 2026, Nuremberg redeviendra le cœur battant de la communauté professionnelle venue du monde entier. Cette édition est portée par une idée directrice très claire : « Made for Trade ». Cela signifie que tout est pensé pour le travail concret des détaillants, des fabricants et des distributeurs.
Le salon est un lieu où l’on affine ses gammes, où l’on rencontre les décideurs et où les idées deviennent des impulsions commerciales réelles. Avec le programme IWA Vision, nous allons aussi nous projeter : comment renforcer la résilience d’un secteur confronté aux évolutions politiques, sociétales et technologiques ? Comment permettre au commerce spécialisé d’anticiper plutôt que subir ? L’objectif est de combiner héritage, lucidité et esprit de travail.

BSL : Quels seront les temps forts du salon ?

GL : La dimension internationale reste l’ADN de l’IWA. Dans les halls, on entend les langues de plus de cent pays. Cette diversité de cultures cynégétiques et de savoir-faire industriels crée une énergie unique. Les grandes marques mondiales seront présentes, qu’il s’agisse des fabricants d’armes de chasse et de tir, des leaders de l’optique ou des équipementiers majeurs. Sur la « Shooting Experts’ Stage », des intervenants venus du monde entier croiseront leurs analyses. Dans la « Newcomer Area », des partenariats transnationaux vont naître. Même les visites guidées deviennent un véritable parcours à travers la carte mondiale de l’innovation.
À l’IWA, on ne découvre pas seulement un marché, on rencontre une communauté globale.

BSL : Quelles innovations attireront particulièrement l’attention des chasseurs cette année ?

GL : L’IWA n’est pas un salon que l’on peut résumer à une liste de nouveautés. C’est un paysage. En 2026, il sera fait de petites révolutions et de grandes inspirations. On verra des optiques capables d’acquérir la cible plus rapidement, des revêtements qui prolongent la durée de vie des armes, des crosses modulaires offrant une ergonomie nouvelle, des outils numériques qui rendent la précision presque intuitive.
Mais l’avenir se joue aussi dans des innovations plus discrètes : des couteaux qui renouent avec l’artisanat européen, des solutions PCP plus silencieuses et plus efficaces, de jeunes marques positionnées sur des niches encore inoccupées. La tournée numérique des nouveautés servira de fil conducteur pour comprendre ce qui transforme en profondeur la pratique de la chasse.

BSL : Certaines marques évoquent un “avant” et un “après” Covid. Comment analysez-vous cette évolution ?

GL : La pandémie a été une rupture pour tout le secteur. En 2022, le retour a été prudent. En 2023, nous avons retrouvé une vraie dynamique avec 34 000 visiteurs venus de 119 pays. Puis 2024, année du cinquantième anniversaire, a marqué le retour complet avec 40 000 visiteurs professionnels et 1 072 exposants. L’après-Covid n’est pas une période d’incertitude, c’est un renouveau. La filière a compris que l’échange réel ne peut pas être remplacé par un écran. La confiance naît dans la présence, dans les regards, dans les conversations. L’IWA n’a pas seulement retrouvé son niveau, elle a ouvert un nouveau chapitre.

BSL : Pourquoi l’édition 2027 aura-t-elle lieu en avril? Ne pensez-vous que cela puisse nuire aux habitudes des marques et des lancements produits ?

GL : Ce choix est le résultat d’un dialogue approfondi avec les fabricants, les distributeurs et les organisations internationales. Le début d’année est devenu extrêmement dense et le mois de février était devenu très difficile à gérer pour beaucoup d’entreprises.
Avril apporte plus de temps pour préparer les lancements, plus de disponibilité pour les équipes et plus de qualité dans les échanges. Les cycles commerciaux ne seront pas perturbés car les marques travaillent déjà avec des présentations et des calendriers étalés sur plusieurs mois. Ce nouveau positionnement renforce le salon et libère les énergies de la filière plutôt que de les comprimer.

BSL : Un dernier message pour les professionnels français ?

GL : La France occupe une place particulière dans l’histoire de l’IWA, par sa passion et son influence sur les marchés internationaux de la chasse. En 2026, 26 exposants français seront présents à Nuremberg, ce qui montre la vitalité de la filière. Nous invitons les armuriers, les détaillants, les fabricants et les médias français à vivre l’IWA comme un moment de rencontre et d’inspiration, un lieu où l’on construit l’avenir. Nous serons très heureux de les accueillir.

  • Jeudi 26 février 2026 : 9h00 – 18h00
  • Vendredi 27 février 2026 : 9h00 – 18h00
  • Samedi 28 février 2026 : 9h00 – 18h00
  • Dimanche 1er mars 2026 : 9h00 – 16h00

L’accès est réservé aux professionnels du secteur.

Plus d’informations sur le site de l’IWA: https://www.iwa.info/

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Rédacteur en chef, SoChasse

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