Au Royaume-Uni, selon des informations de nos confrères de la BBC, la prolifération des cervidés atteint des sommets, transformant le cerf en véritable fléau rural et urbain. Malgré l’ampleur des dégâts et la multiplication des “solutions alternatives”, rien n’égalera jamais l’efficacité d’une régulation cynégétique assumée. Un constat qui résonne aussi de ce côté-ci de la Manche…
Un animal royal devenu problème national
Dans tout le pays, des villes comme Horsham jusqu’aux campagnes du Suffolk, la cohabitation tourne au casse-tête. “Ces dernières années, il y a de plus en plus de cerfs qui traînent par ici”, témoigne Ben Martill, habitant du sud de Londres, exaspéré par la présence croissante des cervidés jusque dans les zones périurbaines. Trépidations nocturnes sur les rocades, troupeaux en fuite sur les routes : l’animal autrefois symbole de prestige n’a plus grand-chose à voir avec la noblesse de ses origines dans le regard des agriculteurs et des gestionnaires d’espaces forestiers.
Des pertes qui se chiffrent en millions
Pour les agriculteurs comme Lucy Manthorpe, le bilan est sans appel : “Je perds l’équivalent de 10 000 livres sterling de récoltes par an à cause des cerfs.” Il a même fallu embaucher un salarié à temps plein pour tenter de limiter la casse en réalisant de nombreuses opérations de régulation par tirs. En forêt, les chiffres de la Forestry and Land Scotland parlent d’eux-mêmes : plus de 3 millions de livres sterling de dégâts annuels, pour une population désormais estimée à 2 millions de têtes (contre 450 000 en 1970).
L’illusion des solutions “alternatives”
Face à cette explosion démographique, les associations anti-chasse proposent les classiques “fléchettes contraceptives” ou la construction de clôtures. Mais la British Deer Society, elle-même ONG en faveur d’une gestion durable, tempère l’enthousiasme : il faut s’approcher de très près pour tirer les fléchettes, ce qui “pourrait mettre la personne en position de danger”. Quant aux clôtures, leur coût et leur entretien, sans compter les dommages collatéraux sur la faune non ciblée, rendent l’option largement illusoire.
Le loup ? Un fantasme qui ne résout rien
Dernier dada d’une frange écolo : la réintroduction du loup ou du lynx. Mais la réalité, là aussi, rattrape les discours : le cerf ne serait pas la seule proie. Les ovins, caprins et petits élevages feraient les frais d’une telle expérience, au détriment du monde rural. Faut-il rappeler ce qu’il se passe en France, où la progression du loup ravage déjà les troupeaux sans jamais enrayer l’essor des populations de cervidés dans nos forêts ?
Réguler : un mot qui a un sens
La seule solution viable reste celle que les défenseurs de la chasse rappellent depuis des années : une gestion active par des battues et une régulation rigoureuse, sous contrôle des instances cynégétiques. Le rapport de 2013, jamais remis en cause, précisait qu’il faudrait “abattre la moitié de la population croissante de cerfs au Royaume-Uni pour mettre fin à la dévastation des forêts”. Ce pragmatisme, seul le chasseur sait le mettre en œuvre, pour le bien des cultures, des forêts, et d’un équilibre entre faune et monde rural. Comme en Angleterre, la France est aussi confrontée à ce problème de surpopulation de cervidés dans certains territoires et seule une gestion maîtrisée et rigoureuse des populations semble rester la solution la plus adéquate.












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