Cormorans dans l’Aude : les chiffres confirment l’impact, la LPO nie toujours l’évidence

Cormoran en pêche

Dans l’Aude, la préfecture autorise à nouveau la régulation des cormorans après une chute spectaculaire des populations de poissons. Les résultats des études menées sur le terrain sont sans appel. Mais la LPO continue de s’opposer à toute mesure de bon sens.

80 % de la biomasse d’ombres communs disparue en un an

Après deux ans d’arrêt des tirs de régulation, la Fédération de la pêche et de la protection des milieux aquatiques de l’Aude a tiré la sonnette d’alarme : entre 2022 et 2023, la biomasse d’ombres communs s’est effondrée de 80 %, avec disparition complète des adultes reproducteurs dans la haute vallée de l’Aude comme viennent de le relater nos confrères du site Le Petit Bleu. David Fernandez, président de la Fédération départementale de la pêche et de la protection des milieux aquatiques, détaille : « En 2023, dans la haute vallée de l’Aude, nous avons constaté une baisse de 80 % de la biomasse d’ombres communs, avec disparition complète des adultes reproducteurs. » Les pêcheurs, premiers témoins du terrain, avaient alerté dès l’hiver 2022-2023, constatant l’absence d’ombres sur les frayères lors de la période de reproduction.

Une méthodologie rigoureuse, des résultats incontestables

L’étude, menée entre 2020 et 2024 sur plusieurs secteurs de l’Aude, s’est appuyée sur des pêches électriques et des observations précises. Elle a permis d’écarter tous les autres facteurs : « On met en avant des résultats scientifiques qui sont factuels, on ne peut pas inventer. De plus, ils évoquent la sécheresse, les barrages ou la dégradation du milieu, mais ces phénomènes n’ont pas commencé en 2022 pour s’arrêter en 2023. ». Une zone témoin sans cormorans a même permis de confirmer que la chute des poissons était directement liée à la prédation des oiseaux, et non à l’état du milieu.

Reprise des tirs : une remontée rapide des populations

Face à cette hécatombe, la préfecture a fini par entendre raison : un arrêté autorise désormais le tir de 200 cormorans jusqu’à fin février. « Nous avons obtenu l’autorisation de tirer 53 oiseaux pour vérifier l’efficacité du tir, non pas pour réguler la population de cormorans, mais pour observer la réaction des populations piscicoles. Nous avons ensuite constaté que la population d’ombres remontait, confirmant l’impact direct du cormoran. ». Depuis la reprise des tirs en 2023-2024, les populations d’ombres communs repartent à la hausse. Les pêcheurs ont aussi observé que lorsque les ombres venaient à disparaître, les cormorans se reportaient sur les truites fario.

Des quotas limités et encadrés

La préfecture a fixé un plafond strict de 200 oiseaux à prélever, l’objectif n’étant pas l’éradication mais la préservation de l’équilibre écologique local. « Elle permet d’effaroucher les cormorans et de permettre aux poissons de se maintenir. Nous ne sommes pas là pour abattre des cormorans, mais pour protéger les populations de poissons. » précise David Fernandez.

La LPO, toujours absente du terrain

Malgré la rigueur scientifique des études menées, la LPO continue de contester toute mesure de régulation, préférant avancer d’autres causes : sécheresse, barrages, qualité de l’eau… Pourtant, David Fernandez rappelle que « ces phénomènes n’ont pas commencé en 2022 pour s’arrêter en 2023. » Pire, la LPO n’a pas participé aux deux dernières réunions, ni répondu aux sollicitations de la DDTM. « Dans ces conditions, il est difficile de discuter. »

Quand le terrain parle, le dogmatisme s’efface

Comme en Dordogne il y a quelques semaines, les pêcheurs de l’Aude et les services de l’État rappellent une réalité simple : la gestion des espèces ne peut pas se faire sans observation et sans retour du terrain. La régulation raisonnée, appuyée par des chiffres concrets et des suivis scientifiques, reste la seule voie pour préserver à la fois la biodiversité… et la vie des rivières.

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