En Charente-Maritime, le débat sur la régulation du renard refait surface. Malgré la mobilisation de plusieurs associations écologistes pour le sortir de la liste des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD), la préfecture maintient le cap : la gestion du goupil est nécessaire pour protéger élevages et limiter les risques sanitaires.
Le renard, au cœur d’un bras de fer
Le renouvellement tous les trois ans de la liste des ESOD donne lieu à une bataille de chiffres et d’arguments. Cette année encore, le renard roux reste dans le viseur : associations environnementalistes contre monde rural, chaque camp défend sa vision. D’un côté, la vingtaine de collectifs écologistes de l’ex-région Poitou-Charentes multiplie les appels aux préfets pour « sauver les renards » et réclame leur retrait de la liste ESOD. De l’autre, les éleveurs, agriculteurs et chasseurs rappellent la réalité des dégâts subis sur le terrain.
Dégâts et risques sanitaires : la réalité du terrain
En Charente-Maritime, la préfecture est claire : le classement du renard parmi les ESOD s’appuie sur des faits tangibles. Près de 300 éleveurs de volailles sont exposés, et plus de 200 déclarations de dégâts causés par le renard ont été recensées sur trois ans, pour près de 50 000 euros de préjudice. Loin d’être un fantasme de chasseur, le problème est bien concret, aggravé par la densité du goupil sur le territoire. La Fédération départementale des chasseurs de Charente-Maritime (FDC 17), par la voix de son vice-président Jean-Bernard de Larquier, précise : « Entre 2 000 et 2 200 renards sont régulés lors d’actes de chasse, et le reste par des piégeurs agréés ». Un équilibre qui permet de contenir les risques pour l’élevage, mais aussi de lutter contre certaines maladies transmissibles aux bovins.
Les arguments des associations balayés par les réalités du terrain
Les défenseurs du renard mettent en avant le rôle d’auxiliaire du petit canidé, régulateur naturel des populations de rongeurs, et équarrisseur des bêtes malades ou faibles. « Chaque renard consommerait jusqu’à 6 000 micromammifères par an », avance Gérard Frigaux, administrateur de Nature Environnement 17. Des arguments entendus, mais qui ne tiennent pas face à la multiplication des dégâts et au besoin de protéger les élevages locaux. L’utilité du renard dans les milieux agricoles est réelle, mais sa surabondance, entretenue par l’absence de régulation dans certains secteurs, pose un problème majeur pour l’équilibre des territoires ruraux.
Une régulation indispensable
La préfecture de Charente-Maritime l’a confirmé : le renard roux restera classé ESOD pour l’ensemble du département, à l’exception de l’île d’Aix. Un choix de responsabilité qui s’impose face à la pression des éleveurs et la réalité des dégâts. Les chasseurs, loin de mener un « massacre », participent activement à la préservation de l’équilibre entre faune sauvage et activités humaines. La balle est désormais dans le camp du ministère de la Transition écologique, qui devra prochainement valider ce nouveau classement pour les trois prochaines années. Une décision qui, espérons-le, tiendra compte de la voix des ruraux et de l’expérience du terrain.












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