Morbihan: Le ragondin au cœur de l’action des piégeurs

Ragondin

Espèce invasive aux dégâts considérables, le ragondin est dans le viseur des piégeurs du Morbihan. À Noyal-Pontivy, trois chasseurs engagés ont encore passé l’année à limiter sa prolifération dans le cadre d’une campagne encadrée par arrêté préfectoral. Résultat : 109 ragondins capturés en 2025 sur la seule commune, sur fond de risques sanitaires croissants et de mobilisation massive des chasseurs à l’échelle du département.

Un rongeur invasif qui abîme les campagnes

Introduit en France au XIXe siècle, le ragondin s’est imposé au fil des décennies comme une espèce invasive, classée nuisible en raison des dégâts qu’il provoque. À Noyal-Pontivy comme ailleurs dans le Morbihan, ces rongeurs semi-aquatiques creusent les berges, fragilisent les réseaux hydrauliques, envahissent fossés et cours d’eau et s’attaquent aux cultures. Difficile de parler de simple présence anecdotique : année après année, les élus locaux et les agriculteurs voient les dommages s’accumuler, d’où la nécessité de campagnes de piégeage régulières, encadrées par la préfecture.

Des piégeurs bénévoles en première ligne

Tout au long de l’année, trois chasseurs de Noyal-Pontivy, piégeurs volontaires, Jo et Guenaël Even et Louis Tanguy, se sont engagés à limiter cette prolifération en participant aux campagnes départementales. Celle de 2025 s’est terminée mardi 2 décembre. À eux trois, ils font partie des 1 250 piégeurs mobilisés dans tout le Morbihan, une armée de bénévoles majoritairement issue du monde de la chasse. La formule résume bien la réalité du terrain : « Sans les chasseurs, ce serait compliqué ».

Les chasseurs, colonne vertébrale de la lutte

À l’échelle du département, la mobilisation est intense. « Notre campagne dans le Morbihan est intensive. 1 250 piégeurs opèrent dans le Morbihan dont 70 % de chasseurs. Sans eux, ce serait compliqué pour les communes », rappelle Patrice Emeraud, responsable technique du FGDON (Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles) du Morbihan. Ce sont donc bien les chasseurs qui, discrètement, assurent l’essentiel du travail de terrain pour protéger les infrastructures agricoles et les milieux aquatiques, loin des discours théoriques sur la biodiversité.

Un risque sanitaire à ne pas sous-estimer

Au-delà des dégâts matériels, le ragondin pose un problème de santé publique. « Le ragondin est vecteur d’une maladie très sérieuse : la leptospirose, transmise par l’urine des rongeurs et elle est en nette progression », insiste Patrice Emeraud. D’où les consignes de prudence auprès des riverains : lorsqu’une cage est déposée, il ne faut pas y toucher. « C’est pour sa protection ». Là encore, les piégeurs et chasseurs servent de première ligne face à un risque souvent méconnu du grand public, mais bien réel pour les usagers des rivières, les agriculteurs et les chiens de chasse.

Une traque continue depuis 1998

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 109 ragondins ont été piégés cette année sur la commune de Noyal-Pontivy, contre 80 l’an dernier. Cinquante-deux l’ont été durant la campagne officielle et 52 en dehors de cette période, « car il faut tout le temps effectuer l’entretien ». Depuis le lancement du piégeage des ragondins en 1998, 1 700 ont été attrapés sur la seule commune de Noyal-Pontivy. Derrière ces statistiques se dessine une réalité trop souvent oubliée : sans l’engagement constant des chasseurs et des piégeurs ruraux, les communes seraient seules face à une espèce invasive qui abîme les paysages, fragilise les ouvrages hydrauliques et fait peser un risque sanitaire sur l’ensemble de la population.

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