Tir d’un seize cors en vidéo et récit d’un jeune chasseur abonné à So Chasse
L’un de nos lecteurs, Lucas G., nous a transmis la vidéo d’un moment qu’aucun chasseur n’oublie : le tir du
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À Bruch, dans le Lot-et-Garonne, Christophe Descudé, président départemental du Club national des bécassiers, a emmené ses setters sur le terrain avec deux compagnons. Sans fusil cette fois, mais avec le même objectif : retrouver la reine des bois et admirer le travail des chiens. Une courte séquence qui résume à elle seule une bonne partie de ce qui fait la magie de la chasse à la bécasse.
Tout commence dans les couverts appréciés de la mordorée. Genévriers, taillis et bois de chênes constituent autant de secteurs que Christophe Descudé prospecte avec ses setters. L’homme connaît manifestement son territoire et surtout son oiseau. « Il faut comprendre l’oiseau pour chasser la bécasse », résume-t-il face à la caméra. Une philosophie qui prend tout son sens quelques instants plus tard. L’un des setters se fige, tendu, le nez vers la végétation. L’autre vient patronner son compagnon. Puis la bécasse jaillit brusquement du couvert et disparaît entre les arbres. Aucun coup de fusil ne retentit : les trois hommes sont simplement venus faire travailler les chiens et profiter de la scène.
Pour le président départemental du Club national des bécassiers, c’est précisément là que se trouve une grande partie du plaisir. « La plus belle journée, déjà, c’est quand on voit l’oiseau partir », explique-t-il. Voir son chien immobilisé sur l’émanation d’une bécasse, attendre puis apercevoir enfin la mordorée décoller constituent pour lui « des moments extraordinaires ». Au point, ajoute-t-il, que l’envie de tirer passe parfois complètement au second plan. Voilà aussi ce qui distingue la chasse de la bécasse d’une simple recherche de prélèvement. Elle repose d’abord sur la quête, la lecture du terrain et cette relation particulière entre le chasseur et son chien d’arrêt.
Christophe Descudé insiste également sur la connaissance de l’espèce. Aux jeunes chasseurs qui voudraient se lancer, il conseille simplement de lire les ouvrages consacrés à la bécasse et d’apprendre des générations précédentes. Le calendrier de la saison rythme ensuite cette quête. Selon lui, novembre correspond principalement au passage migratoire, qui se poursuit jusque vers la mi-décembre. Les oiseaux commencent ensuite à se cantonner davantage avant que ne débute plus tard la migration de retour. La bécasse des bois demeure en effet l’un des gibiers les plus passionnants pour les chasseurs au chien d’arrêt. Imprévisible, capable de tenir parfaitement devant un chien comme de piéter ou de décoller bien avant son arrivée, elle récompense surtout l’expérience et la persévérance.
Et la persévérance, Christophe Descudé en fait justement l’une des conditions essentielles : sans passion pour la bécasse mais aussi pour ses chiens, difficile selon lui de devenir véritablement bécassier. La petite sortie lot-et-garonnaise se termine donc sans gibecière mais certainement pas bredouille. Il y aura eu un bel arrêt, un patron, une mordorée au décollage et quelques minutes à regarder travailler les chiens. Pour un passionné de bécasse, c’est parfois largement suffisant. « Longue vie à la chasse, et surtout à la chasse à la bécasse », conclut Christophe Descudé. Difficile de mieux résumer cette sortie.
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