Une étude paléogénétique italienne révèle que les personnes qui vivent plus de cent ans partagent un patrimoine génétique hérité des tout premiers chasseurs-cueilleurs européens. L’occasion de rappeler l’importance de la ruralité et de la chasse dans l’histoire… et la santé !
Le gène de la longévité venu de la préhistoire ?
Pourquoi certains vivent-ils plus longtemps que d’autres ? Pour des chercheurs italiens des universités de Bologne et de Florence, la réponse ne se limite pas au mode de vie ou à la chance : elle pourrait bien se cacher dans notre ADN. Dans une étude parue dans la revue GeroScience, ils montrent que les centenaires italiens analysés présentent une “affinité génétique plus forte” avec les chasseurs-cueilleurs de l’Ouest, premiers habitants d’Europe après la dernière période glaciaire.
Concrètement, les scientifiques ont comparé l’ADN de 333 Italiens âgés de 100 ans ou plus à celui de 690 personnes d’environ 50 ans. Ils ont ensuite confronté ces profils à ceux de populations anciennes représentant quatre grandes vagues de peuplement européen : chasseurs-cueilleurs de l’Ouest, premiers agriculteurs venus d’Anatolie, nomades de l’âge du bronze, et groupes venus d’Iran et du Caucase.
Des centenaires aux racines de la chasse européenne
Résultat : tous les participants possèdent un mélange de ces héritages, mais les centenaires ont un profil génétique plus marqué par les chasseurs-cueilleurs. Les chercheurs précisent : “De faibles augmentations de cette ascendance sont associées à une probabilité plus élevée d’atteindre 100 ans”, un effet plus sensible encore chez les femmes. Certains chromosomes impliqués sont déjà connus de la communauté scientifique pour leurs liens avec la longévité.
Les auteurs avancent même : “Ce qui a aidé les chasseurs-cueilleurs à survivre pendant la période glaciaire pourrait aujourd’hui contribuer à un vieillissement en meilleure santé.” Autrement dit, les adaptations qui ont permis à ces populations d’affronter le froid, la rareté et la nécessité de bouger constamment pourraient être le socle même de la robustesse de nos centenaires actuels.
La ruralité et la chasse : un héritage vivant
Ce travail sur la paléogénétique n’est pas qu’une curiosité scientifique : il rappelle combien la chasse, la vie rurale, l’activité physique et la connexion avec la nature font partie de notre histoire humaine la plus profonde. La chasse d’aujourd’hui, souvent caricaturée ou incomprise, s’inscrit dans cette longue filiation : elle n’est pas seulement une tradition, c’est aussi une activité qui prolonge un mode de vie séculaire, fait d’adaptation, de mobilité et de connaissance de la nature.
Les chercheurs insistent d’ailleurs sur “l’équilibre complexe entre génétique, environnement et habitudes de vie” dans la longévité. Or, l’ancrage rural, l’activité de plein air et la transmission de savoirs autour de la nature sont autant de facteurs qui, hier comme aujourd’hui, forgent la santé et la vitalité des populations.
Respecter et préserver l’héritage cynégétique
À l’heure où certains opposent modernité et ruralité, cette étude invite à reconsidérer l’apport de la chasse et de la vie au grand air : loin d’être un vestige du passé, elles constituent peut-être le meilleur rempart contre la sédentarité, l’isolement et la perte de repères. Nos centenaires, par leur héritage génétique, en sont la preuve vivante. Respecter la chasse, c’est aussi préserver une part précieuse de notre histoire… et de notre santé collective.












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