Dimanche dernier, en Dordogne, la coopération entre deux sociétés de chasse de communes voisines a permis le prélèvement de 4 sangliers, dont l’un était un animal assez hors normes puisqu’il s’agissait d’un superbe mâle de 120 kg armé de défense de plus 18 cm ! C’est Patrice, président d’une des deux sociétés en question et fidèle abonné de So Chasse, qui a eu la chance de le réaliser et qui a bien voulu nous raconter cette journée qui restera dans sa mémoire.
Une battue dominicale aux sangliers en entente entre deux sociétés de chasse
Dimanche 8 février, les sociétés de chasse de Minzac et Montpeyroux, deux petites communes voisines du Périgord, avaient décidé de mener une battue en commun sur leurs territoires pour optimiser leur action pour la régulation de l’espèce sanglier, en pleine explosion démographique comme dans de nombreux départements français. Cette journée de battue, commencée dès 8h du matin par la recherche des pieds de sangliers, réunissait pas moins de 30 chasseurs (22 de Minzac, emmené par leur président, Patrice F, dans sa 72ème année, pompier à la retraite et 55 validations annuelles du permis à son actif, et 8 nemrods de Montpeyroux). 4 traqueurs se trouvaient parmi eux menant une dizaine de griffons bleus.

Une traque dans un massif forestier de 300 hectares
Les sangliers rembuchés au lieu-dit La Plante (un massif forestier d’environ 300 hectares), vers 10h45, un rond fut organisé, avec rappel des consignes de sécurité et des particularités du jour, puis les postes furent attribués à chacun. Patrice, directeur de cette battue s’attribua un poste en lisière du massif, en bordure d’un vaste champ qui se terminait à l’autre bout par une butte à partir de laquelle, une autre parcelle boisée particulièrement sale s’étendait. Pour tenir son poste, Patrice, qui a récemment abandonné son traditionnel fusil calibre 12 (avec lequel il a prélevé plusieurs dizaines de sangliers lors de sa vie), était équipé de sa nouvelle carabine express FAIR en calibre 8×57 JRS. Notre ami attendait et était sur le qui vive sachant que ce poste était souvent très passant.

Un mâle énorme surgit à 40 mètres sur la droite de son poste
Au bout de quelques minutes, après un court ferme, la meute se mit à mener un sanglier à environ 1km de son poste et Patrice entendait distinctement la chasse venir dans sa direction. L’animal chassé commençait à bien distancer les chiens et un seul avait réussi à le garder à vue. Soudain, Patrice, à une quarantaine de mètres sur la droite de son poste, vit surgir une bête énorme » Je me suis dit: on dirait un ours » ! Une fois le mâle, extrêmement bien armé comme notre ami put le constater au premier regard, ayant passé l’angle fatidique des 30 degrés, Patrice épaula rapidement son arme et tira une balle (Winchester Power Point 196 grains) sur le sus scrofa. La bête ne montra aucune réaction et continua sur sa lancée en direction du sommet de la butte qui se trouvait derrière le poste de notre chasseur. Celui-ci tira alors une deuxième fois, l’animal était déjà à plus de 60 mètres de lui, puis il disparut derrière le sommet de la butte laissant notre posté dubitatif car presque certain d’avoir touché à la première balle.

Découverte de la bête, mortellement blessée, après une centaine de mètres de fuite
Patrice annonça à la radio: » Gros sanglier tiré, tout le monde reste à son poste, je vais contrôler mon tir« . Cassant sa carabine, Patrice prit ses jambes à son cou et gagna le sommet de la butte tandis que le chien qui poursuivait l’animal chassé arrivait à proximité. Là, de l’autre côté de cette petite colline, à l’entrée de la zone boisée, notre ami vit son sanglier. » Il était énorme. Il était assis sur son cul et tournait sur lui-même » nous raconte-t-il. Impressionné par le gabarit et les défenses du sanglier, Patrice rechargea sa carabine de peur que le chien qui arrivait à grand train ne se frotte à la bête blessée. Mais ce fut inutile. Au bout de quelques secondes, le sanglier s’effondra sur un côté, expirant dans un dernier râle.

120 kilos et des défenses de 18 cm dignes d’un Attila d’Asie Mineure
S’approchant de son gibier, Patrice comprit vraiment qu’il avait fait là un prélèvement peu commun : »le sanglier de ma vie » nous dit-il. Une fois le bracelet SAI posé, ils ne furent pas moins de quatre chasseurs avec des sangles pour amener sur quelques centaines de mètres le sanglier jusqu’à une petite route départementale où il fut chargé, avec difficultés, à l’arrière d’un 4×4, après qu’une photo de l’équipe devant le trophée ne fut prise. 3 autres sangliers avaient été prélevés à l’occasion de cette battue par d’autres postés. Emmené à la cabane des chasseurs de Minzac, l’animal fut pendu au peson qui indiqua 120 kilos tout pile. Les défenses furent mesurées : 18 cm ! Une taille plus commune chez les attilas d’Asie Mineure que chez les sangliers des forêts de Dordogne. » C’était un vrai tonton ! « conclura Patrice lors de notre entretien. Félicitations à Patrice et aux chasseurs de Minzac et de Montpeyroux pour ce prélèvement spectaculaire et pour leur inlassable investissement au profit de la régulation du sanglier, véritable fléau pour le monde agricole et la sécurité routière.












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