Ardèche : une maire condamnée pour piégeage illégal de sangliers sur ses terres

Piège sanglier

En Ardèche, la question des dégâts de sangliers empoisonne le quotidien des agriculteurs. Mais la justice vient de rappeler que la détresse, si compréhensible soit-elle, n’autorise pas à s’affranchir des règles. Illustration avec le cas d’Agnès Audibert, maire de Beaumont, récemment condamnée après avoir piégé quatre sangliers dans sa châtaigneraie.

La détresse d’une agricultrice face à l’invasion des suidés

Le 13 septembre 2024, excédée par les dégâts répétés des sangliers dans ses châtaigniers, Agnès Audibert, maire et castanéicultrice, a franchi le pas : elle a posé elle-même un piège sur ses terres, en dehors des zones autorisées au piégeage. “C’était trop compliqué. Je n’ai pas trouvé comment faire autrement pour protéger mon outil de travail et ma récolte”, explique-t-elle après coup. Elle savait pourtant le risque, la réglementation n’autorisant cette pratique que dans 55 communes du département, et uniquement sous l’encadrement strict des lieutenants de louveterie.

Une condamnation sans surprise, malgré le soutien du monde agricole

Convoquée devant le tribunal de police d’Aubenas, Agnès Audibert a reconnu les faits. Soutenue par une cinquantaine d’agriculteurs et d’élus, elle a finalement écopé de 500 euros d’amende pour deux infractions : chasse sans permis et usage d’un moyen prohibé, auxquels se sont ajoutés plus de 600 euros de frais annexes. La Fédération Départementale des Chasseurs s’est portée partie civile dans ce dossier. L’élue a annoncé son intention de faire opposition à cette décision.

Le piégeage, une solution très encadrée… mais pas la seule

La réglementation ardéchoise est claire : le piégeage des sangliers n’est autorisé que dans certaines communes, et exclusivement sous contrôle de louveterie formée. L’abattage du sanglier capturé est aussi strictement encadré. Cette limitation vise à éviter les abus et garantir la sécurité de tous. Pour autant, face à la colère du monde agricole et à la pression croissante des dégâts, les syndicats agricoles réclament l’ouverture du piégeage à l’ensemble du département.

Agir, oui… mais dans le cadre de la loi et des instances cynégétiques

Chez So Chasse, on ne peut que comprendre le sentiment d’impuissance qui pousse certains exploitants à vouloir tout tenter. Mais la solution ne peut passer que par le dialogue et la concertation. Dans ce cas précis, il aurait été préférable que Madame Audibert saisisse la FDC de l’Ardèche pour demander une battue administrative ou une intervention des lieutenants de louveterie, comme la loi le prévoit. À l’avenir, elle aurait tout à gagner à passer son permis de chasser : la chasse d’affût ou la participation aux battues restent des outils parfaitement adaptés pour défendre son exploitation, dans le respect de la réglementation et avec le soutien du monde cynégétique local.

Une affaire symptomatique de la tension grandissante entre agriculteurs et gestionnaires de la faune

Ce dossier rappelle que la pression des sangliers n’épargne aucun territoire rural, et que seule une gestion collective, concertée et respectueuse des règles, permettra de protéger à la fois les récoltes et l’équilibre cynégétique. L’émotion ne doit pas faire oublier que le cadre légal existe pour tous, et qu’aucune cause, aussi légitime soit-elle, ne saurait justifier le recours à des pratiques interdites.

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2 réponses à “Ardèche : une maire condamnée pour piégeage illégal de sangliers sur ses terres”

  1. Anonyme

    Une honte pour la condamnation elle a eu raison

  2. Bob26

    La loi est la loi ..
    Les juges ont la faculté d’adapter la sentence en regard des circonstances qui ont amené à la faute. Et je ne pense pas qu’ils pouvaient passer outre ..
    Là…l amende n’est pas très salée alors !!!
    Payer est la meilleure solution… Par contre j’espère que la fédé na rien demandée en matière d’indemnités… Sinon !!! Ils sont comme l’on dit chez nous  » a la masse « .

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