En pleine période d’inondations et alors que la tempête Pedro vient de s’abattre sur le littoral ouest, les sangliers quittent leurs zones habituelles pour se réfugier en périphérie des marais et des forêts submergés. Résultat : une présence accrue le long des axes routiers en Loire-Atlantique, avec une hausse des risques d’accidents. Un phénomène confirmé par la Fédération départementale des chasseurs.
De nombreux sangliers à proximité des axes routiers
Les pictogrammes “attention traversée de sangliers” n’ont jamais été aussi d’actualité. Depuis plusieurs jours, les communes du sud Loire et des abords de Nantes signalent une multiplication des observations d’animaux à proximité immédiate des routes. À Bouaye, la municipalité confirme une présence accrue. Des automobilistes témoignent avoir aperçu des groupes entiers en bordure de la route de Pornic. Des hardes déplacées par les crues.
Des zones refuge saturées
Le phénomène n’a rien d’anecdotique. Selon Denis Dabo, directeur de la Fédération des chasseurs de Loire-Atlantique, trois grandes zones servent traditionnellement de refuge aux sangliers : la Brière, le lac de Grand-Lieu et l’estuaire de la Loire. “En Brière vous avez des zones de marais de 10 ou 15 000 hectares de roseaux où les sangliers ont l’habitude de se cacher. Mais comme elle a été très vite inondée, ils sont tous sortis en périphérie. Cela crée des densités autour de ce site-là. Idem pour Grandlieu et l’Estuaire en raison du gros débit de la Loire.”. Les inondations déplacent ainsi massivement les populations. “Les inondations déplacent facilement 1 500 à 2 000 animaux dans des zones qu’ils n’ont pas l’habitude de connaître, en bord de route ou en bord d’habitation.”
Un risque routier accru
Le danger est bien réel. Contrairement aux chevreuils ou aux lièvres, les sangliers ne présentent pas de reflet oculaire marqué dans les phares. La nuit, ils restent quasiment invisibles jusqu’au dernier instant. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en Loire-Atlantique, on enregistre une à deux collisions par jour avec des véhicules. Trois accidents graves ont été recensés en un mois. “C’est un véritable problème de sécurité publique”, insiste Denis Dabo. Certaines collectivités ont installé des dispositifs rétro-réfléchissants le long des routes. Ces catadioptres projettent une lumière latérale à l’approche des véhicules et alertent les animaux, limitant ainsi les traversées intempestives.
Une pression agricole persistante
Au-delà du risque routier, les déplacements forcés entraînent une pression accrue sur les cultures. Cette année, les dégâts agricoles imputables aux sangliers atteignent déjà 750 000 euros dans le département. Animal discret mais extrêmement adaptable, le sanglier se reproduit rapidement et demeure difficile à estimer précisément. “Si on pouvait les compter, on pourrait se mettre un objectif à atteindre pour que ça baisse, mais on ne sait pas les compter. Il n’y a pas de méthode connue dans le monde pour ça.”
La régulation se poursuit
Face à cette situation, les battues se poursuivent jusqu’à fin mars afin de contenir les effectifs. Mais les crues redistribuent brutalement les cartes. Avec la tempête Pédro et la persistance des zones inondées, la prudence reste de mise, en particulier à la tombée de la nuit et à proximité des massifs forestiers. Lorsque les marais débordent, les sangliers ne disparaissent pas. Ils se déplacent. Et parfois, ils surgissent là où on ne les attend pas.











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