À l’heure où la saison de chasse s’achève pour bon nombre de gibiers dans les Deux-Sèvres (FDC 79), le directeur de la fédération départementale des chasseurs, Frédéric Audurier, a dressé, auprès de nos confrères de France Bleu, un bilan marqué par la progression spectaculaire du sanglier et des dégâts agricoles en forte hausse. Malgré une hausse du nombre de jeunes chasseurs, l’érosion globale des effectifs se poursuit.
Sécurité : une saison sans accident grâce à la rigueur des chasseurs
Première satisfaction pour Frédéric Audurier : la saison s’achève sans incident grave à déplorer. Il souligne le sérieux du dispositif départemental et la pédagogie constante menée auprès des chasseurs : « On a un schéma départemental très cadré sur les règles à respecter, et puis on fait des formations toute l’année à l’intention des responsables de territoire, et également maintenant des formations obligatoires, ce qu’on appelle la formation décennale à l’ensemble des chasseurs, donc oui le message passe, et aujourd’hui effectivement pas d’accident à déplorer dans le département. »
Explosion de la population de sangliers : « plus qu’une impression, c’est une réalité de terrain »
Le fait marquant de la saison demeure la prolifération du sanglier, qui se traduit par une hausse historique des prélèvements. « Au niveau des prélèvements, on a une très nette augmentation, puisque à la fin du mois de janvier, on était à 3.500 sangliers de prélevés, là où on en était qu’à 2.255 l’an passé, donc une augmentation de plus de 30 %, et effectivement c’est plus qu’une impression, c’est une réalité de terrain, la population est en train d’exploser en matière de sangliers, et pas seulement dans le département des Deux-Sèvres malheureusement. »
Cette prolifération s’explique notamment par le fort taux de reproduction de l’espèce, avec « deux périodes, une période estivale et la période hivernale, où il y a beaucoup beaucoup de jeunes, de marcassins constatés sur le terrain, qui nous laissent présager un printemps compliqué. »
Des dégâts agricoles qui flambent et une vigilance de chaque instant
Un printemps compliqué signifie une hausse des dégâts dans les champs, prévient Frédéric Audurier : « Tous ces jeunes marcassins vont avoir trois, quatre ou cinq mois en période de semis notamment. Ces petits mettent le nez le plus facilement au sol pour les semis de maïs et autres. ». Face à cette situation, la chasse au sanglier reste ouverte jusqu’à fin mars, avec des « dérogations possibles avril, mai et juin pour limiter l’impact sur les cultures. »
Malgré les efforts de prévention, la configuration même du département, l’un des moins boisés de Franc, rend la tâche ardue : « On met toujours des moyens de prévention, clôture électrique ou autre, mais le département des Deux-Sèvres est un des départements les moins boisés de France, où dès que vous sortez d’un roncier, d’un bois ou autre, vous êtes tout de suite dans des cultures, il faut absolument faire baisser les populations aujourd’hui de sangliers, c’est vital, et pour les territoires, pour l’agriculture et pour la fédération. ».
Les dégâts indemnisés ont bondi : « 330.000 euros payés aux exploitants agricoles, là où on était à peine à 200.000 il y a deux ans, donc une très nette augmentation. ». Le sanglier investit aussi les friches, les zones périurbaines, les bords de routes et trouve « facilement » sa subsistance, notamment dans les déchets urbains.
Le lièvre, gibier fragile et sous surveillance
Si le sanglier explose, la situation du lièvre demeure préoccupante : « Depuis 4 ou 5 ans en effet, mais les populations restent encore assez intéressantes puisque les efforts de gestion faits par l’ensemble de nos territoires nous permettent de limiter les prélèvements en matière de chasse, mais le lièvre est le gibier problématique du département des Deux-Sèvres. »
Hausse des néo-chasseurs, mais érosion globale des effectifs
Frédéric Audurier note une progression du nombre de nouveaux chasseurs sur le territoire national comme départemental : « Dans le département, on a une augmentation de 10 à 15 %, mais pour autant, elle ne complète pas l’érosion des plus anciens, parce qu’il faut savoir que l’âge médian d’un chasseur chez nous, c’est 58 ans. On enregistre maintenant depuis trois années une baisse de 3 % par an du nombre de chasseurs dans le département des Deux-Sèvres. On est aujourd’hui 9.000. »











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