Avec près de 32 000 sangliers prélevés sur la saison 2024-2025, le Gard s’affiche comme le département le plus actif de France. Pourtant, face à l’explosion des populations et à l’ampleur des dégâts agricoles, le préfet vient de renforcer l’arsenal des mesures exceptionnelles pour tenter d’endiguer le phénomène.
Près de 32 000 sangliers abattus… et pourtant toujours débordés
Dans le Gard, le sanglier règne en maître sur garrigues et forêts, trouvant là un terrain idéal pour se reproduire. Malgré un record national de prélèvements (31 776) la saison dernière, la pression ne faiblit pas. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : « Le Gard est le territoire où sont tués le plus de sangliers », rappelle Actu Nîmes. Mais ce tableau impressionnant n’a pas suffi à endiguer la progression de l’espèce.
Des dégâts qui se chiffrent en centaines de milliers d’euros
Chaque jour, les automobilistes paient le prix fort, percutant des animaux sur les axes fréquentés. Mais les cultivateurs sont, eux aussi, durement touchés : pour la seule saison 2024/2025, le montant des dégâts agricoles atteint 273 979 euros pour 166 dossiers dans 46 communes. Les moyens de lutte traditionnels, battues régulières, piégeage, répulsifs, peinent à faire reculer la population. « Malgré les actions régulières des chasseurs, l’État affirme que la population n’est pas en déclin », révèle Actu Nîmes, dans un doux euphémisme.
Un arrêté préfectoral pour des mesures d’urgence
Face à cette impasse, la préfecture du Gard a publié le 9 janvier 2026 un nouvel arrêté : dans 46 communes, les lieutenants de louveterie pourront désormais intervenir immédiatement, sans délai, dès le signalement de dégâts. Ces « tirs administratifs » sont autorisés de jour comme de nuit, à l’aide de lunettes thermiques, un matériel interdit d’usage aux chasseurs lambda dans le département, mais réservé à ces agents assermentés missionnés par l’État.
Des battues administratives à la demande
Jusqu’au 31 mars 2026, la régulation sera intensifiée à Nîmes, dans la Vaunage, la petite Camargue, l’Uzège et le Gard rhodanien. Les chasseurs pourront être sollicités pour intervenir en dehors de leurs zones habituelles si la situation l’exige. Chaque opération fera l’objet d’un rapport circonstancié à la préfecture. La liste des communes concernées est longue : Aigues-Mortes, Aiguèze, Beauvoisin, Belvezet, Boissières, Boucoiran, La Bruguière, Cabrières, Caissargues, Calvisson, La Capelle-Masmolène, Caveirac, Corconne, Dions, Durfort, Fourques, Langlade, Laval-Saint-Roman, Lédenon, Lézan, Logrian, Lussan, Marguerittes, Massillargues-Attuech, Méjannes-lès-Alès, Nages-et-Solorgues, Navacelles, Nîmes, Rodilhan, Saint-Gervasy, Saint-Gilles, Saint-Hilaire-de-Brethmas, Saint-Jean-de-Crieulon, Saint-Laurent-d’Aigouze, Saint-Laurent-de-Carnols, Saint-Nazaire-des-Gardies, Saint-Mamert-du-Gard, Saint-Privat-des-Vieux, Sainte-Anastasie, Sanilhac-Sagriès, Sauve, Saze, Tornac, Vallerargues, Vauvert et Verfeuil.
L’exemple gardois : un signal d’alerte national
Ce nouveau tour de vis administratif dans le Gard, pourtant département leader en nombre de prélèvements, démontre que la prolifération du sanglier dépasse aujourd’hui les capacités de la chasse ordinaire. Un défi pour toute la ruralité, et un avertissement : même les territoires les plus engagés dans la régulation peuvent être dépassés par la dynamique de l’espèce. De plus, il serait temps que des moyens coercitifs soient mis en oeuvre contre les propriétaires de territoires où ils interdisent toute chasse, enfermés dans une idéologie animaliste hors-sol, et qui deviennent de fait des « réservoirs à sangliers », anéantissant les efforts du monde cynégétique local.












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