Sangliers : les départements champions du prélèvement en 2024-2025

Près de 900 000 sangliers ont été prélevés en France lors de la saison de chasse 2024-2025, un nouveau record absolu. La progression de l’espèce ne se dément pas et, de la mer à la montagne, du centre-ville aux plages, le sanglier s’impose partout, bousculant les équilibres et défiant la régulation cynégétique.

Les départements où la pression de chasse est maximale

D’après le bilan publié en novembre par l’Office français de la biodiversité et la Fédération nationale des chasseurs, 881 372 sangliers ont été prélevés lors de la dernière saison, soit une hausse de 2,1 % par rapport à l’année précédente. Ce chiffre a tout simplement doublé en 20 ans, traduisant la progression spectaculaire de l’espèce sur l’ensemble du territoire.
Dans six départements, les chiffres dépassent la barre des 20 000 animaux abattus en une saison :

  • Gard (31 776)
  • Ardèche (24 261)
  • Dordogne (23 122)
  • Loir-et-Cher (22 793)
  • Hérault (21 875)
  • Côte-d’Or (20 310)

D’autres départements connaissent une flambée des prélèvements. La Corse-du-Sud affiche une augmentation record de +117 %, suivie de la Haute-Vienne et du Territoire de Belfort (+35 %), de l’Ain (+29 %), de la Haute-Garonne (+28 %), des Hautes-Pyrénées (+28 %), du Finistère (+26 %) et du Pas-de-Calais (+25 %).

À l’inverse, quelques départements enregistrent une baisse sensible : Calvados (-34 %), Loir-et-Cher (-27 %), Cher (-24 %) et Loiret (-21 %).

Le sanglier, désormais partout en France

Matthieu Salvaudon, directeur du service dégâts grand gibier à la Fédération nationale des chasseurs, le confirme :
« Les sangliers sont partout en France maintenant, de la mer à la montagne. C’est une espèce qui s’adapte énormément qui peut fréquenter différents types de milieux et c’est pour cela que l’on en voit de plus en plus ces dernières années. »

Il n’est plus rare d’en croiser jusque dans les supermarchés de Gironde, au centre-ville de Nîmes ou sur les plages de Vendée. Cette présence généralisée bouleverse le quotidien des ruraux… mais aussi des urbains.

Pourquoi le sanglier pullule-t-il autant ?

La prolifération du sanglier ne doit rien au hasard. Matthieu Salvaudon détaille : « À cause des milieux naturels qui sont très adaptés, notamment dans le sud-est de la France avec les garrigues ou les maquis où ils trouvent refuge. En Dordogne, on est sur un mélange de plaines et de zones boisées, mais un taux de couverture important de forêt, ce qui fait que l’espèce y est très bien. »

Outre l’évolution des milieux naturels, d’autres facteurs expliquent le développement de la population de sangliers en France :
Matthieu Salvaudon, de la FNC, précise : « Avec des parcellaires de plus en plus grands, et donc le sanglier trouve désormais de nombreux refuges en zones de plaines où il va pouvoir se mettre dans des cultures intermédiaires, de moutarde par exemple l’hiver, il peut être présent toute l’année maintenant en plaine, ce qui n’existait il y a quelques dizaines d’années. Et plus les parcelles sont grandes, plus c’est compliqué de déloger les sangliers dedans, notamment les parcelles de maïs et de miscanthus où ils vont aussi trouver leur alimentation. »

Sur le climat et la nourriture, le responsable fédéral explique : « Le réchauffement climatique induit une baisse de mortalité des marcassins en période hivernale et une accélération du rythme des portées pour la laie car elle peut plus facilement garder son poids, gagner en croissance et être fertile plus vite ; il conduit aussi à des productions de fruits forestiers importantes ces dernières années, et donc un gros apport de nourriture. »

Enfin, sur l’adaptation en zone périurbaine : « Le développement des zones périurbaines où le sanglier trouve refuge et où il est très difficile de chasser. Le sanglier est capable d’y trouver de la nourriture, notamment dans les poubelles, ils s’adaptent beaucoup. »

Le sanglier est aujourd’hui chez lui partout. Face à cette explosion démographique, la mobilisation des chasseurs n’a jamais été aussi cruciale pour préserver les cultures, la biodiversité et la tranquillité publique.

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