Sarthe: Battue urbaine au sanglier….à l’arc et sans fusil !

Chasseur à l'arc

Face à la prolifération des sangliers en ville, une battue, localement inédite, à l’arc a été organisée à La Flèche (Sarthe). Trois animaux ont été prélevés, sous haute sécurité, sans la moindre détonation.

Quand l’arc prend le pas sur le fusil en pleine ville

Dimanche 1er février, la commune de La Flèche a innové en matière de régulation cynégétique : une cinquantaine de chasseurs ont participé à une battue aux sangliers… armés non pas de fusils, mais d’arcs. Confrontée à une explosion des populations de suidés en zone urbaine, la mairie a sollicité l’Association des chasseurs à l’arc de la Sarthe pour une opération spéciale coordonnée par la Direction départementale des territoires (DDT). Un vaste périmètre de sécurité a été instauré pour cette battue administrative. Objectif : éliminer les sangliers responsables de dégâts dans les jardins et de risques d’accidents routiers, tout en garantissant la tranquillité des riverains.

Une chasse silencieuse et maîtrisée

Postés, camouflés derrière les fourrés, les archers ont œuvré avec la plus grande discrétion. Christian Boucher, chasseur à l’arc depuis vingt-cinq ans, détaille la particularité de cette pratique : « La chasse à l’arc a cette particularité. Par définition, on ne peut pas tirer de loin donc c’est à nous de faire en sorte que le sanglier soit le plus près de nous ». Son arc à poulies, parfaitement adapté à la chasse, ne lui permet pas de tirer au-delà de 20 mètres. Il précise : « On ne tire pas une flèche seulement pour blesser l’animal. »

Sécurité maximale et choix assumé de l’arc

Pour les autorités, l’option de la chasse à l’arc s’est imposée pour des raisons de sécurité et de tranquillité publique. Vincent Chesneau, lieutenant de louveterie et coordinateur de la battue, explique : « On a choisi les arcs pour éviter les détonations dans la ville. C’est pour un bien-être pour la population et pour éviter que ça fasse trop de bruit  ». Il s’agissait de la première battue à l’arc menée en zone urbaine sous sa direction.

Un acte de régulation, pas de loisir

Comme souvent, l’initiative n’a pas fait l’unanimité, certains dénonçant la souffrance infligée par la flèche. Nicolas Chauvin, adjoint à l’urbanisme et à l’environnement, rappelle la finalité de l’opération : « Ce n’est pas une chasse pour le plaisir, c’est une battue administrative qui a pour but de réguler la population. C’est toujours désolant de tuer, mais vu la situation, c’est nécessaire ». Pour la municipalité, la sécurité des habitants passe avant tout. Le bilan de cette battue : trois sangliers prélevés, sans incident.

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