La Commission européenne poursuit ses travaux sur la restriction du plomb dans les munitions, mais aucune décision formelle n’a encore été arrêtée. Selon les dernières informations relayées par la FACE (Fédération des associations de chasse et conservation de la faune sauvage de l’UE), la Commission pourrait proposer des délais de transition plus longs que prévu, afin de permettre une adaptation progressive aux alternatives sans plomb.
Des périodes de transition en discussion
Le projet d’interdiction du plomb, examiné dans le cadre du règlement REACH, ferait l’objet de discussions nourries avec les États membres et les représentants du monde de la chasse. Il serait question d’un calendrier allongé : jusqu’à cinq ans pour les munitions à percussion centrale de calibre égal ou supérieur à 5,6 mm, au lieu des dix-huit mois initialement envisagés. L’objectif affiché serait d’accorder un délai raisonnable à la filière pour développer des solutions fiables, tout en permettant aux chasseurs de s’approprier les alternatives disponibles.
Des délais encore prolongés pour les petits calibres ?
Pour les petits calibres, il serait envisagé d’accorder jusqu’à quinze ans de transition avant l’interdiction totale du plomb pour les balles à percussion centrale de moins de 5,6 mm et toutes les munitions à percussion annulaire, avec une révision intermédiaire prévue au bout de dix ans pour faire le point sur les évolutions techniques. Ces éléments restent toutefois à confirmer dans la version définitive du texte.
Grenaille de plomb : une transition progressive à l’étude
Concernant la grenaille de plomb, le projet prévoirait une période de transition de trois ans pour son utilisation à la chasse, et cinq ans pour la commercialisation. Cette distinction, qui suscite déjà des interrogations dans la filière industrielle et la distribution, n’a pas encore été explicitée par la Commission européenne.
Un texte toujours en discussion, aucune décision officielle
À ce jour, le projet n’a pas été adopté : il a simplement été examiné lors de la réunion du comité REACH du 16 décembre 2025, réunissant États membres et Commission. Les débats portent autant sur la faisabilité technique que sur l’impact économique et les enjeux de santé publique liés au plomb dans l’environnement, notamment dans les zones humides.
Un sujet qui concerne toute la chasse européenne
La FACE suit de près ce dossier, qui concerne près de sept millions de chasseurs à travers l’Europe. Si une interdiction progressive du plomb avance, la question de son impact réel sur la santé humaine ou animale demeure sujette à controverse. Le nombre de cas avérés de saturnisme liés à l’utilisation de munitions de chasse reste très limité, et d’autres sources de contamination au plomb, comme les canalisations anciennes des grandes villes, posent des enjeux sanitaires bien plus larges. À vouloir imposer des normes uniformes à l’Europe rurale, Bruxelles prendrait le risque de pénaliser les chasseurs sans résoudre les vrais problèmes de santé publique. Il est donc essentiel que le débat se poursuive sur la base de données scientifiques fiables, et non de postures idéologiques.











Laisser un commentaire