Pourquoi la Swarovski AT Balance pourrait devenir un indispensable à l’affût
Les longues vues offrent souvent un niveau de détail impressionnant… à condition d’être installées sur un trépied. Avec la nouvelle Swarovski
Lire la suiteIl ressemble à un point rouge, s’utilise presque comme un point rouge, mais n’en est pas un. Julien Gingembre, notre testeur terrain, a installé le viseur prismatique Hawke Frontier sur sa Browning BLR en .308 Winchester avant de le tester au stand à 100 mètres. Avec trois derniers impacts bien groupés et parfaitement placés au centre de la cible, notre testeur terrain a découvert une solution de visée particulièrement intéressante, notamment pour les chasseurs dont la vue s’accommode mal des points rouges traditionnels.
Au premier coup d’œil, le Hawke Frontier pourrait facilement passer pour un viseur point rouge compact. Son principe de fonctionnement est pourtant très différent. Un viseur prismatique possède un véritable système optique et surtout un réticule gravé. Julien Gingembre le résume simplement : c’est un peu comme si l’on prenait une lunette de battue à grossissement fixe 1x pour la faire entrer dans un boîtier beaucoup plus compact. Le Frontier dispose ainsi d’un réticule gravé pouvant être illuminé, ainsi que d’un réglage dioptrique. Contrairement à un point rouge classique dont le point lumineux est projeté sur une lentille, le dessin du réticule existe donc indépendamment de son illumination. Même sans alimentation électrique, le tireur conserve son repère de visée.
C’est probablement là que le prismatique prend tout son intérêt. Certains tireurs, notamment ceux souffrant d’astigmatisme ou d’autres défauts visuels, connaissent bien le problème : le joli point parfaitement rond attendu dans le viseur peut apparaître déformé, étoilé ou entouré d’un halo. Julien parle très justement d’un point qui « bave ». Avec un réticule physiquement gravé et une correction dioptrique adaptée à l’œil du tireur, le Frontier apporte une réponse particulièrement intéressante à ce problème. On conserve un ensemble compact destiné au tir rapide, mais avec un réticule qui peut se révéler beaucoup plus net pour certains yeux. Pour les chasseurs portant des lunettes ou rencontrant des difficultés avec les points rouges traditionnels, le principe mérite donc clairement d’être essayé.
Le Frontier n’offre cependant pas toute la liberté de montage d’un point rouge. Ce dernier peut généralement être installé assez loin de l’œil sans véritable conséquence sur la visée. Le prismatique possède au contraire un dégagement oculaire à respecter, exactement comme une lunette. Julien a donc installé son Hawke avec une cale permettant de rapprocher l’optique de son œil. C’est un élément à prendre en compte lors du montage, particulièrement sur une arme dont le boîtier ou le rail offre peu de possibilités de positionnement. L’ensemble reste néanmoins particulièrement compact. Avec environ 280 grammes annoncés par Julien, le Frontier est certes plus lourd qu’un petit point rouge, mais reste très loin de l’encombrement d’une lunette de battue traditionnelle.
Pour cet essai, notre testeur terrain utilise sa propre Browning BLR, une carabine à levier de sous-garde chambrée en .308 Winchester. L’arme reçoit également un modérateur de son Browning Iridium IR34. Un ensemble de chasse particulièrement intéressant pour juger ce type de viseur : une carabine compacte et maniable, parfaitement adaptée à la battue, mais dont le calibre et la précision permettent également des tirs appliqués à des distances plus importantes. Et plutôt que de faciliter la tâche au Frontier avec une cible à quelques dizaines de mètres, Julien décide de voir immédiatement ce qu’il est capable de faire à 100 mètres.
Après les impacts nécessaires au réglage de l’optique, Julien réalise ses trois derniers tirs en position posée. En cible, le résultat est particulièrement propre : les trois impacts sont regroupés autour du centre du visuel à 100 mètres. Pas besoin cette fois de sortir le pied à coulisse ou de chercher à transformer cet essai en test de précision de laboratoire. Ce n’est d’ailleurs pas l’objectif. Ce que montre la cible est beaucoup plus intéressant pour l’utilisation à laquelle ce viseur est destiné : avec un grossissement de seulement 1x, Julien parvient à placer trois balles de .308 Winchester dans une zone très resserrée au centre de sa cible à 100 mètres. Le Frontier n’a évidemment pas vocation à remplacer une lunette grossissante pour rechercher systématiquement la précision à longue distance. Mais ce passage au stand montre qu’un viseur prismatique compact sans grossissement permet déjà de réaliser des tirs particulièrement propres à 100 mètres.
Les réglages d’élévation et de dérive du Frontier s’effectuent par clics de 1/2 MOA. À 100 mètres, cela représente environ 14,5 mm de déplacement du point d’impact par clic. Une valeur cohérente avec une optique conçue avant tout pour le tir rapide et les distances couramment rencontrées à la chasse. Julien effectue d’ailleurs plusieurs corrections avant d’obtenir son réglage définitif. Les premiers impacts visibles sur la cible correspondent à cette phase de mise au point. Les trois derniers permettent ensuite de constater le résultat obtenu une fois le viseur correctement réglé.
Autre détail intéressant : Julien réalise ses tirs à 100 mètres les deux yeux ouverts. Une façon d’utiliser le Frontier qui prend évidemment tout son sens pour la chasse en battue. Avec son grossissement 1x, le viseur permet de conserver une vision naturelle de l’environnement et un large champ de perception autour de la cible. Julien compte justement poursuivre son essai en conditions réelles de battue. C’est là que pourront être véritablement jugées la rapidité d’acquisition du réticule, la facilité à retrouver immédiatement sa visée à l’épaulé et son comportement sur un animal en mouvement. Mais le passage au stand répond déjà à une première question : le petit Hawke est parfaitement capable de placer proprement ses balles à 100 mètres.
Le Hawke Frontier occupe finalement une place assez particulière. Il n’offre pas la totale liberté de placement d’un véritable point rouge puisqu’il impose de respecter une certaine distance entre l’œil et l’oculaire. Il ne possède pas davantage le grossissement variable d’une lunette de battue 1-4x ou 1-6x. En revanche, il récupère quelque chose des deux mondes : la compacité et le grossissement 1x recherchés pour le tir rapide, associés à un véritable réticule gravé et à une correction dioptrique. Pour le chasseur parfaitement satisfait de son point rouge, il n’y aura pas forcément de raison d’en changer. Pour celui qui voit son point se transformer en étoile, en virgule ou en tache lumineuse dès qu’il épaule, l’affaire devient nettement plus intéressante. Après son passage à 100 mètres, Julien Gingembre a déjà rendu son premier verdict sur le Hawke Frontier : « totalement validé ». Reste maintenant à l’emmener là où il est véritablement attendu : en battue.
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Depuis son lancement en 2008, la Browning X-Bolt s’est imposée comme l’une des références du marché des carabines à verrou.