Nord : quand les chasseurs capturent des lapins pour les réimplanter ailleurs
Dans le Nord, les agents de la fédération départementale des chasseurs mènent actuellement des opérations de capture de lapins de
Lire la suiteFace aux incendies qui frappent de nombreuses régions françaises, un éleveur pointe du doigt les conséquences de la disparition progressive du pastoralisme. Selon lui, la pression de la prédation sur les troupeaux, la diminution du nombre d’éleveurs et les contraintes administratives pesant sur l’écobuage ont profondément modifié les paysages, au point de favoriser la propagation des incendies.
Alors que les incendies se multiplient cet été, le débat sur la prévention des feux de forêt revient au premier plan. Si les conditions climatiques exceptionnelles sont largement mises en avant par les spécialistes, certains acteurs du monde rural estiment qu’un autre facteur est trop souvent ignoré : l’abandon progressif des pratiques agricoles traditionnelles. C’est le constat dressé par cet éleveur interrogé sur le terrain. Pour lui, la disparition des troupeaux contribue directement à l’accumulation de végétation combustible. « Je vois que ça brûle partout. On s’aperçoit que ce ne sont pas les loups et les ours qui arrêtent le feu. C’étaient les moutons qui nettoyaient les sous-bois et les alpages. »
Selon lui, la baisse du nombre d’éleveurs est notamment liée aux difficultés rencontrées face à la prédation. Il estime que de nombreux professionnels renoncent à poursuivre leur activité après avoir subi des attaques répétées sur leurs troupeaux. « Il y a de moins en moins de moutons, de moins en moins d’éleveurs parce qu’ils en ont marre de voir leurs bêtes se faire égorger. » L’éleveur évoque également une autre pratique qu’il juge essentielle dans la prévention des incendies : l’écobuage. Cette technique agricole consiste à brûler volontairement, sous conditions très encadrées, des herbes sèches, broussailles ou landes afin de nettoyer une parcelle et favoriser la repousse de la végétation. Selon lui, cette pratique permettait autrefois de créer des zones où l’herbe repoussait rapidement, formant ainsi des coupures naturelles capables de ralentir la progression des flammes. Il regrette toutefois que les démarches administratives imposées aujourd’hui compliquent fortement son utilisation.
« L’écobuage, ça se décide le matin en fonction de la météo. Aujourd’hui, il faut remplir un formulaire et attendre parfois huit ou dix jours pour avoir une réponse. Entre-temps, les conditions ont complètement changé. » À ses yeux, les anciens systèmes de gestion des espaces naturels étaient plus efficaces. « Avant, on alternait les parcelles. Les zones déjà brûlées repoussaient vertes et servaient naturellement de pare-feu. Ça s’auto-protégeait tout seul. » Enfin, il dénonce une perte de confiance envers les acteurs de terrain, qu’il estime remplacés par une gestion administrative de plus en plus lourde. « On veut enlever la responsabilité de ceux qui travaillent. Ceux qui sont sur le terrain savaient faire. »
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