Le basset artésien normand fête ses 150 ans, un petit chien aux immenses qualités de chasseur

basset artésien normand

Reconnaissable entre tous avec ses longues oreilles tombantes et ses courtes pattes, le basset artésien normand célèbre cette année un siècle et demi d’histoire. Derrière son allure attachante se cache pourtant un remarquable chien courant français, apprécié depuis des générations pour son flair, sa voix et son efficacité sur le petit gibier. Retour sur une race emblématique du patrimoine cynégétique national.

Une race française née pour la chasse

L’histoire du basset artésien normand débute dans les années 1870. Deux cynophiles français, le comte Jean-Emmanuel Le Couteulx de Canteleu et Louis Lane, entreprennent alors de créer un basset réunissant les meilleures qualités de deux races régionales : le basset d’Artois et le basset normand. L’objectif est clair : obtenir un chien spécialement adapté à la chasse du petit gibier, capable d’évoluer dans les ronciers, les haies et les fourrés tout en conservant un odorat exceptionnel. La race est officiellement fixée en 1924 avant d’être reconnue par la Fédération Cynologique Internationale (FCI) en 1963. Depuis, elle s’est exportée bien au-delà des frontières françaises tout en restant profondément attachée à ses origines cynégétiques.

Un spécialiste du lapin… mais pas seulement

Si le basset artésien normand est historiquement considéré comme l’un des meilleurs chiens de lapin, ses qualités lui permettent de chasser de nombreux autres gibiers. Grâce à son nez particulièrement fin, il est capable de relever une voie ancienne et de la suivre avec beaucoup de méthode. Sa quête est volontairement modérée, ce qui permet au chasseur de suivre facilement la menée sans perdre le contact avec ses chiens. Sa voix puissante constitue également l’un de ses grands atouts. Malgré son petit gabarit, le basset artésien normand possède une gorge sonore qui permet de localiser facilement la chasse dans les couverts les plus épais. S’il excelle naturellement sur le lapin, il est également utilisé avec succès sur le lièvre, le renard et le chevreuil. Certaines meutes l’emploient même ponctuellement sur le sanglier dans les territoires les plus fermés.

Petit par la taille, grand par l’endurance

Avec seulement 30 à 36 centimètres au garrot pour un poids compris entre 15 et 20 kilos, le basset artésien normand pourrait laisser croire qu’il manque de puissance. Il n’en est rien. Musclé, rustique et particulièrement endurant, il est capable de chasser durant plusieurs heures sans perdre sa concentration. Ses membres courts lui permettent de progresser facilement sous les ronces et dans les broussailles où le gibier cherche souvent refuge. Le standard officiel de la race décrit d’ailleurs un chien de chasse « passionné », doté d’une excellente voix et d’une quête méthodique.

Un chien apprécié également à la maison

Si ses qualités cynégétiques font toujours sa réputation, le basset artésien normand séduit également de nombreuses familles. Calme une fois rentré au chenil ou à la maison, affectueux et patient avec les enfants, il est réputé pour son tempérament équilibré. Intelligent et proche de son maître, il reste néanmoins un véritable chien courant qui apprécie les grands espaces et l’exercice régulier. Son instinct de chasse demeure très présent, ce qui explique qu’il s’épanouisse davantage à la campagne que dans un mode de vie trop sédentaire.

Une race toujours soutenue par les passionnés

En France, le développement de la race est assuré par le Club Français du Basset Artésien Normand, qui œuvre à la sélection, à la promotion et à l’organisation d’épreuves de travail mettant en valeur les qualités de chasse de ce petit chien courant. Le club est affilié à la Société Centrale Canine (SCC), organisme de référence chargé de la gestion du Livre des Origines Français (LOF), de la promotion des races françaises et de l’organisation des expositions et épreuves de travail. Cent cinquante ans après ses débuts, le basset artésien normand continue ainsi de faire honneur à la cynophilie française. Derrière son regard doux et son allure attachante se cache toujours un formidable auxiliaire de chasse, dont les qualités de nez, de voix et de persévérance séduisent encore de nombreux chasseurs de petit gibier.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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