Une chasseresse de 53 ans a été grièvement blessée ce dimanche matin à Bellecombe-en-Bauges, en Savoie, après avoir été atteinte par une balle au mollet alors qu’elle participait à une battue au grand gibier. La configuration montagneuse des lieux a nécessité l’intervention de Dragon 74 et un hélitreuillage. Ses jours ne sont heureusement pas en danger. À ce stade, cet événement semble être le premier accident corporel provoqué par un tir de chasse rapporté dans la presse depuis l’ouverture générale de la saison 2026-2027.
Touchée au mollet en pleine action de chasse
Les secours ont été alertés peu avant 9 h 30 ce dimanche 27 septembre à Bellecombe-en-Bauges, petite commune du massif des Bauges en Savoie. Une femme âgée de 53 ans, qui participait à une action de chasse, venait d’être touchée au mollet par un projectile. Les circonstances exactes du tir n’étaient pas encore précisées à ce stade. On ignore notamment qui a tiré, à quelle distance se trouvait la victime et dans quelles conditions le projectile l’a atteinte. Le Dauphiné Libéré confirme que la quinquagénaire faisait partie d’une équipe de chasse lorsqu’elle a été accidentellement blessée.
Dragon 74 mobilisé pour l’évacuer
La victime se trouvait dans une zone montagneuse difficilement accessible. Un sapeur-pompier spécialisé du groupe montagne de Savoie a donc été acheminé sur place par Dragon 74, l’hélicoptère de la Sécurité civile. Le secouriste a été descendu au treuil jusqu’à la chasseresse afin de lui porter les premiers soins, avant que celle-ci ne soit hélitreuillée à son tour. Grièvement blessée, elle a ensuite été transportée jusqu’au Centre hospitalier Annecy-Genevois. Son pronostic vital n’est pas engagé.
Le premier accident par tir de cette saison ?
Il faut être précis sur ce point. Depuis le début de la saison, plusieurs accidents ou décès sont déjà survenus alors que les victimes pratiquaient la chasse. Un chasseur de 90 ans est notamment décédé après une chute de plusieurs mètres le 13 septembre, tandis qu’un octogénaire a été retrouvé mort quelques jours plus tard dans le Doubs après être parti chasser. Ces événements ne répondent toutefois pas à la définition retenue par l’Office français de la biodiversité pour son bilan de l’accidentologie par arme de chasse. À notre connaissance, et sous réserve d’un accident local qui n’aurait pas encore été rendu public, celui de Bellecombe-en-Bauges serait donc le premier accident corporel provoqué par un tir signalé depuis l’ouverture générale de septembre.
À Bellecombe, la chasse est organisée par secteurs
L’accident intervient sur une commune où la chasse collective est très structurée. L’ACCA de Bellecombe-en-Bauges indique compter 47 chasseurs répartis entre cinq équipes. Le territoire communal est lui-même divisé en onze secteurs chassables et chaque équipe ne peut occuper qu’un secteur à la fois. Des panneaux placés aux entrées des secteurs permettent d’informer les autres usagers qu’une action de chasse est en cours. Pour cette saison 2026-2027, l’ouverture à Bellecombe-en-Bauges est intervenue le 13 septembre et la chasse est autorisée les mercredis, jeudis, samedis, dimanches et jours fériés, avec certaines possibilités exceptionnelles le lundi.
En battue, chaque balle doit avoir une destination sûre
L’accident de ce dimanche rappelle surtout l’importance absolue des règles élémentaires de sécurité lors des chasses collectives au grand gibier. Le schéma départemental de gestion cynégétique de la Savoie actuellement en vigueur couvre la période 2024-2030. Il comporte des dispositions obligatoires relatives à la sécurité des chasseurs comme des autres usagers de la nature. Les principes appliqués depuis longtemps dans le département sont particulièrement clairs : pas d’arme chargée avant le signal de début de chasse, aucune arme chargée ou approvisionnée sur les routes et leurs abords, identification formelle de l’animal avant le tir, connaissance de la position des voisins et tir obligatoirement fichant. Le principe de l’angle de sécurité de 30 degrés vise précisément à éviter qu’un chasseur ne tire dans la direction d’un voisin de poste, d’un traqueur, d’une route ou de toute autre zone dangereuse. Une balle destinée au grand gibier peut conserver une énergie considérable sur plusieurs centaines de mètres. Le fait qu’un animal soit parfaitement identifié ne suffit donc jamais : derrière lui, la trajectoire du projectile doit elle aussi être parfaitement maîtrisée.
Tir fichant et angle de sécurité restent fondamentaux
Le tir fichant constitue l’une des règles majeures de la chasse au grand gibier. Il consiste à s’assurer que le projectile rencontrera rapidement le sol derrière l’animal si celui-ci est manqué ou traversé. Dans un environnement montagneux, cette appréciation peut être rendue plus complexe par les pentes, vallons, rochers et changements rapides de relief. C’est précisément dans ce type de territoire que l’identification de la zone de tir et de ses limites prend toute son importance. Les chasseurs postés doivent également repérer leurs voisins avant le début de l’action et déterminer leurs angles interdits. Lorsqu’un tir ne présente pas toutes les garanties de sécurité, une seule règle doit s’imposer : ne pas tirer.
92 accidents la saison dernière, dont quatre mortels
Le dernier bilan publié par l’Office français de la biodiversité permet aussi de remettre cet accident en perspective. Au cours de la saison 2025-2026, l’OFB a recensé 92 accidents corporels liés à l’utilisation d’une arme de chasse en France. Quatre ont été mortels, soit le niveau le plus bas jamais enregistré, et aucune des personnes décédées n’était des non chasseurs. Les victimes des accidents étaient des chasseurs dans une très large majorité des cas. Ces chiffres montrent les progrès considérables réalisés depuis vingt ans en matière de sécurité, sans pour autant permettre le moindre relâchement. Chaque accident demeure un accident de trop. Celui survenu ce dimanche matin en Savoie doit donc une nouvelle fois rappeler une évidence à tous les chasseurs : avec une arme chargée entre les mains, aucune occasion de tir, aucun prélèvement et aucun tableau ne justifieront jamais de prendre le moindre risque avec la sécurité d’un voisin. Quoi qu’il en soit, toute la rédaction de So Chasse tient à exprimer ses souhaits de prompt rétablissement à cette chasseresse.










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