Dans son message de vœux pour 2026, Willy Schraen a longuement insisté sur un dossier qu’il juge prioritaire pour l’avenir de la chasse : celui du financement des dégâts de grand gibier. Un sujet sensible, à la croisée des enjeux agricoles, économiques, sécuritaires et politiques, et qui cristallise depuis plusieurs années les tensions entre chasseurs, pouvoirs publics et territoires ruraux.
Des dégâts de gibier devenus un enjeu national
Chaque année, les dégâts causés par le grand gibier, en particulier les sangliers, représentent une charge financière considérable. Selon les chiffres régulièrement avancés par la Fédération nationale des chasseurs, la facture avoisine désormais les 100 millions d’euros par an.
Ces indemnisations, destinées en grande majorité aux agriculteurs, sont aujourd’hui prises en charge quasi exclusivement par les chasseurs, via leurs cotisations et les budgets des fédérations départementales. Un modèle que la FNC considère désormais comme à bout de souffle.
Une charge financière jugée disproportionnée par les chasseurs
Dans son intervention, Willy Schraen pose une question simple : combien reste-t-il aux fédérations une fois les indemnisations réglées ? Pour la FNC, le constat est sans appel. Une fois la facture des dégâts payée, il devient difficile, voire impossible, de financer :
- des aménagements favorables au petit gibier,
- des études scientifiques sur les migrateurs,
- des actions concrètes en faveur de la biodiversité.
Le président de la FNC dénonce ainsi une situation qu’il juge paradoxale, où les chasseurs assument seuls une mission relevant de l’intérêt général, au détriment de leur capacité à agir sur le terrain.
Zones de non-chasse et contraintes réglementaires en cause
Autre point soulevé par Willy Schraen : le rôle des zones de non-chasse et de certaines contraintes réglementaires dans l’augmentation des populations de sangliers. Ces espaces, où la pression de chasse est inexistante ou limitée, peuvent devenir des zones refuges favorisant la prolifération du grand gibier.
À cela s’ajoutent, selon la FNC, des règles de chasse parfois jugées inadaptées aux réalités locales, qui compliquent la régulation efficace des populations sur certains territoires.
Un impact direct sur l’agriculture et la sécurité routière
Au-delà de la seule question financière, Willy Schraen insiste sur les conséquences concrètes des dégâts de gibier. Pour les agriculteurs, ils représentent une menace directe pour la viabilité économique des exploitations. Pour la collectivité, ils posent également un enjeu majeur de sécurité routière, avec des collisions impliquant des animaux sauvages sur l’ensemble du réseau routier français.
La FNC estime que ces problématiques dépassent largement le cadre de la chasse et doivent être reconnues comme des enjeux nationaux, engageant la responsabilité de l’État et des collectivités.
La FNC appelle l’État et les territoires à prendre leur part
Face à ce constat, Willy Schraen appelle clairement à un changement de modèle. Il ne s’agit pas, selon lui, de réclamer un privilège pour les chasseurs, mais de rééquilibrer un système devenu inéquitable.
La FNC plaide pour une implication financière de l’État et des territoires dans le financement des dégâts, au nom :
- de la souveraineté alimentaire,
- de la sécurité des citoyens,
- de la gestion durable de la faune sauvage.
Un discours qui vise à repositionner la chasse comme un acteur parmi d’autres, et non comme le seul financeur d’un problème collectif.
Une comparaison avec les modèles étrangers
Willy Schraen évoque également les pratiques observées à l’étranger, où certains pays vont jusqu’à rémunérer les chasseurs pour leur rôle dans la régulation des populations animales. Sans aller jusqu’à revendiquer un tel modèle pour la France, le président de la FNC s’appuie sur ces exemples pour souligner le caractère singulier du système français.
Selon lui, la France serait l’un des rares pays où les chasseurs paient pour assumer des missions qui bénéficient pourtant à l’ensemble de la société.
Un dossier appelé à peser lourd en 2026
Pour la Fédération nationale des chasseurs, le dossier des dégâts de gibier constitue l’un des principaux chantiers de 2026. Il conditionne non seulement l’équilibre financier des fédérations, mais aussi leur capacité à mener des actions en faveur de la biodiversité, du petit gibier et de la gestion durable des territoires.
En mettant ce sujet au cœur de ses vœux, Willy Schraen envoie un message clair aux pouvoirs publics : sans évolution du modèle actuel, la pression exercée sur les chasseurs pourrait devenir incompatible avec les missions qui leur sont confiées.












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