Depuis plusieurs jours, So Chasse alerte sur une série de décisions qui interrogent profondément le monde cynégétique. La nomination d’anciens cadres écologistes à des postes stratégiques liés à la biodiversité a fini par provoquer une réaction officielle. Le président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, a adressé un courrier au Premier ministre, Sébastien Lecornu, dans lequel il dénonce un « mauvais casting » au sommet de l’Office français de la biodiversité.
Des nominations qui inquiètent chasseurs et agriculteurs
Dans sa lettre, Willy Schraen pointe deux recrutements récents qu’il juge problématiques. Le premier concerne la nomination, en juin 2025, d’Augustin Augier au poste de secrétaire général à la planification écologique, une fonction clé rattachée à Matignon. Ancien dirigeant d’Europe Écologie Les Verts, il est accusé par la FNC d’entretenir une vision idéologique de la biodiversité, sans dialogue avec les acteurs de terrain.
Selon les chasseurs, aucun échange n’aurait eu lieu depuis son arrivée, alors même que ses décisions impactent directement la chasse, l’agriculture et la gestion des territoires ruraux.
Anne Le Strat, la nomination de trop
Mais c’est surtout la désignation, début janvier 2026, d’Anne Le Strat comme directrice générale déléguée de l’OFB qui a déclenché la colère. En charge de la biodiversité et de la mobilisation de la société, cette ancienne responsable écologiste affiche un engagement politique continu chez les Verts pendant plus de vingt-cinq ans, jusqu’à quelques semaines avant sa prise de fonction. Pour la Fédération nationale des chasseurs, cette nomination pose un problème majeur de neutralité. Le profil parisien de l’ancienne élue est également critiqué, jugé éloigné des réalités rurales où cohabitent chasseurs, agriculteurs et riverains.
Une institution jugée idéologisée
Willy Schraen dénonce une dérive plus large de l’OFB, devenu selon lui une structure marquée idéologiquement, incapable d’exercer ses missions avec impartialité. Il rappelle que l’établissement est chargé de missions de police de l’environnement, nécessitant une confiance totale des acteurs de terrain. Ces critiques rejoignent celles exprimées depuis plusieurs mois par le monde agricole et certains responsables politiques, dont Laurent Wauquiez, qui appellent à une remise à plat complète de l’institution.
Vers une dissolution de l’OFB ?
Six ans après sa création, l’Office français de la biodiversité est régulièrement au cœur de polémiques. Pour Willy Schraen, la situation n’est plus tenable. Il appelle désormais à se poser clairement la question de l’avenir de l’OFB, allant jusqu’à demander sa dissolution pure et simple. Une prise de position qui marque une rupture dans les relations entre l’État et le monde de la chasse, et relance le débat sur la gouvernance de la biodiversité en France.
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