Des sangliers en pleine ville près de Rouen : les habitants inquiets

Sanglier en plein jour dans les rues de l'agglomération de Rouen

Les images ont de quoi surprendre… et pourtant, elles deviennent presque banales. À Bihorel, près de Rouen, plusieurs sangliers ont été aperçus en pleine rue le vendredi 27 mars dernier, en zone habitée. Photographiés rue des Canadiens, à proximité d’un centre médico-social, les animaux circulaient tranquillement en plein jour. Une scène largement relayée sur les réseaux sociaux, mais loin d’être isolée.

Des observations de plus en plus fréquentes

Dans ce secteur des hauteurs de Rouen, les signalements se multiplient depuis plusieurs mois. Mi-mars déjà, une vidéo montrait des sangliers déambulant dans une autre rue du secteur. Et pour certains habitants, ces passages sont devenus réguliers. Dans certaines zones résidentielles, les animaux semblent même s’installer durablement, se déplaçant en compagnie et affichant une méfiance de plus en plus limitée vis-à-vis de l’homme.

Réchauffement climatique et nourriture abondante

Cette progression du sanglier vers les zones urbaines n’a rien d’un hasard. D’une part, les hivers plus doux favorisent largement la survie des marcassins. D’autre part, les conditions climatiques actuelles entraînent une abondance accrue de nourriture, qu’il s’agisse des ressources agricoles ou des productions forestières comme les glands. Résultat : les populations explosent… et les animaux étendent naturellement leur territoire, jusqu’aux abords immédiats des habitations. En France, la population de sangliers a ainsi été multipliée par près de 20 depuis les années 1970.

Un phénomène qui dépasse la seule agglomération rouennaise

Ce qui se passe à Rouen n’est pas un cas isolé comme nous le constatons régulièrement. Partout en France, les sangliers s’approchent de plus en plus des zones urbaines, attirés par la nourriture facile et profitant d’un environnement parfois plus favorable que certains milieux naturels. Dans certaines régions, notamment l’arc méditerranéen, la pression exercée sur les populations de suidés par les loups, de plus en plus nombreux en milieu forestier, contribue même à repousser les animaux vers les zones périurbaines, où ils trouvent refuge et tranquillité.

Un défi pour les autorités

Face à cette situation, les collectivités tentent de s’adapter. À Rouen, plusieurs pistes ont déjà été évoquées : piégeage, installation de clôtures ou aménagement des espaces. Mais le problème reste complexe. Car si les sangliers se sont montré jusqu’à présent peu agressifs, leur présence en ville pose de réels enjeux : accidents de la route, dégradations, ou encore situations à risque en cas de rencontre rapprochée. Dans ce contexte, les autorités rappellent les règles de bon sens : ne pas nourrir les animaux, tenir les chiens en laisse et signaler toute présence inhabituelle. Une certitude demeure : le sanglier s’impose désormais comme un habitué des zones urbaines, et le phénomène ne semble pas près de ralentir d’autant plus que la solution d’opérations de régulation par action de chasse n’est que très difficilement envisageable dans cet environnement pour des raisons évidentes de sécurité.

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