La Fédération nationale des chasseurs monte au créneau après la décision de la ministre de la Transition écologique d’exclure définitivement le grand tétras et le lagopède alpin de la liste des espèces chassables. Une annonce jugée brutale, incohérente et profondément idéologique par le monde cynégétique.
Une décision unilatérale qui ne passe pas
C’est un communiqué particulièrement ferme que la Fédération nationale des chasseurs a diffusé ce 1er avril. En cause : la décision de la ministre Monique Barbut de retirer définitivement le grand tétras et le lagopède alpin (ou perdrix des neiges) de la liste des espèces chassables. Une décision prise, selon la FNC, « sans aucune concertation avec les chasseurs », alors même que ces deux espèces faisaient déjà l’objet d’un moratoire depuis plusieurs années, respectivement depuis 2022 et 2026, à la suite de décisions du Conseil d’État. Pour la fédération, cette exclusion pure et simple n’a aucun sens dans un contexte où ces oiseaux ne sont déjà plus chassés.
La gestion adaptative remise en cause
Au cœur du désaccord : le principe même de gestion adaptative. Ce dispositif, censé s’appuyer sur les données scientifiques et les observations de terrain, prévoit justement des moratoires temporaires pour évaluer l’évolution des populations. Pour la FNC, la décision ministérielle court-circuite totalement cette logique. Le communiqué rappelle que « le moratoire suspend temporairement la chasse afin de permettre l’acquisition de données » et d’ajuster ensuite les décisions en fonction des résultats. En d’autres termes, un outil de gestion, pas une condamnation définitive.
« Une décision idéologique »
La Fédération ne mâche pas ses mots et évoque clairement un choix dicté par des considérations politiques. Cette décision « n’apportera rien de positif » pour les deux espèces concernées et s’apparente à « un gage politique et idéologique » adressé à certaines associations opposées à la chasse, comme le souligne le communiqué qui insiste également sur le rôle des chasseurs dans le suivi et la gestion des populations, rappelant que ces actions sont menées bénévolement sur le terrain.
Le cas du grand tétras dans les Vosges
La FNC avance un argument concret : la situation du grand tétras dans les Vosges. En effet, la population de l’espèce s’y effondre « depuis qu’il n’est plus chassé », un exemple utilisé pour illustrer, selon la fédération, les limites d’une approche excluant les chasseurs de la gestion des milieux.
Willy Schraen monte au front
Le président de la FNC, Willy Schraen, a réagi sans détour : « Aucune logique ne peut expliquer cette annonce hors-sol et hors contexte de la ministre Monique Barbut qui revient à court-circuiter la logique même de la gestion adaptative, laquelle repose sur la réversibilité des décisions au regard de l’évolution des connaissances acquises et de l’état réel des populations des espèces chassables. Je n’y vois que de l’entre-soi et la volonté de faire un geste envers les associations soi-disant environnementales et assurément anti-chasse. Cette décision n’est pas à la hauteur des réels enjeux qui entourent la conservation de ces deux espèces emblématiques de nos montagnes et qui vont disparaître à la suite de cette décision. Avouons que c’est faire peu cas de la biodiversité alors que la ministre de la Transition écologique en a directement la charge ! »
Une fracture qui se creuse
Au-delà de ces deux espèces, cet épisode illustre une nouvelle fois la fracture persistante entre le monde de la chasse et certaines orientations politiques en matière d’écologie. Pour la FNC, le message est clair : écarter les chasseurs de la gestion de la faune sauvage ne constitue pas une solution, mais un risque supplémentaire pour des espèces déjà fragilisées.











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