À la veille de l’assemblée générale de la fédération départementale des chasseurs d’Indre-et-Loire, organisée le samedi 11 avril à Tours, son président Alain Belloy a pris la parole sur les ondes de Radio France. Une intervention sans détour, marquée par des propos forts sur la gestion du grand gibier.
Un contexte financier sous tension
Invité d’ICI Touraine le 10 avril, Alain Belloy a d’abord dressé un constat préoccupant sur les finances de la fédération, directement impactées par les dégâts de grand gibier.
“C’est une très très grosse somme : 1,5 million d’euros sur l’année 2025-2026, et globalement, on va provisionner le même montant pour 2026-2027 « , explique le président de la fédération d’Indre-et-Loire. » On a environ 900.000 euros dus aux dégâts de sangliers, 600.000 euros aux dégâts de cervidés. Le plan de chasse de cervidés, qui est maîtrisé par la fédération départementale, j’en porte la responsabilité et on est prêt à faire en sorte de baisser la population pour en baisser les dégâts. Sur les sangliers, c’est beaucoup plus compliqué car ce sont les responsables de territoire qui sont gestionnaires de l’espèce. Il faut les responsabiliser. Nous allons voter demain un budget que je prévois déficitaire pour l’année prochaine, pour un montant d’au moins 300.000 euros. Ce budget est déficitaire parce que je veux faire confiance à mes chasseurs.”
Des propos directs sur les prélèvements
Mais c’est surtout sur la question des prélèvements que le président a tenu à clarifier sa position, à rebours de certaines critiques habituellement adressées au monde de la chasse.
“On est monté trop haut, on reproche aux chasseurs de trop tuer, je leur reproche de ne pas tuer assez « , affirme même Alain Belloy. » Plus il y a de grands gibiers, plus il y a de dégâts, plus la chasse est chère. Plus la chasse est chère et moins les chasseurs tourangeaux peuvent y accéder, je ne veux pas de ça. Il faut absolument qu’on garde une chasse accessible à tous les chasseurs de Touraine, et pour faire ça, il faut baisser un peu la population.”
Un message clair envoyé avant l’assemblée générale
À la veille de l’assemblée générale, ce message visait directement les chasseurs du département, appelés à se mobiliser davantage sur le terrain pour contenir les populations, en particulier de sangliers. Et les 11 600 chasseurs recensés en Indre-et-Loire ont devant eux un enjeu qui est de taille : maintenir un équilibre entre faune sauvage, agriculture et accessibilité financière de la chasse.












Laisser un commentaire