Face à l’augmentation des populations de sangliers et de cervidés dans de nombreux territoires, la question de la valorisation du gibier sauvage revient plus que jamais au cœur des préoccupations cynégétiques. Dans l’Aude, la Fédération départementale des chasseurs (FDC 11) vient justement de franchir une nouvelle étape en lançant un partenariat avec la Maison Guasch afin de développer de nouveaux débouchés pour la viande de sanglier et de cerf issue des prélèvements réalisés localement. Cette collaboration doit permettre de mieux structurer la filière venaison dans le département tout en favorisant les circuits courts et la consommation d’un gibier sauvage français de qualité.
Un partenariat autour de la venaison locale
Installée à Perpignan depuis plusieurs générations, la Maison Guasch travaille déjà avec plusieurs territoires du sud de la France et de Catalogne autour de la viande de gibier. L’objectif affiché avec la Fédération départementale des chasseurs de l’Aude est désormais de mieux valoriser les animaux prélevés par les chasseurs audois tout en respectant des critères stricts de traçabilité, d’hygiène et de sécurité alimentaire. Concrètement, les sangliers et cervidés collectés pourront être transformés et commercialisés dans un cadre structuré, avec un suivi sanitaire complet allant de la venaison brute jusqu’aux produits finis proposés aux consommateurs.
Deux nouvelles chambres froides à l’étude
Le projet prévoit également le développement d’outils logistiques supplémentaires afin d’améliorer la collecte et la conservation des animaux prélevés. Deux nouvelles chambres froides pourraient ainsi voir le jour dans l’Aude, notamment dans le secteur des Corbières et de la Haute Vallée, afin de faciliter le stockage et la gestion des grands gibiers. Pour la Fédération départementale des chasseurs, cette évolution doit aussi permettre de mieux faire connaître les qualités gustatives du gibier sauvage auprès du grand public.
Une viande locale encore trop méconnue
Alors que les consommateurs recherchent de plus en plus des produits locaux, naturels et issus de circuits courts, les responsables cynégétiques estiment que la venaison conserve un potentiel largement sous-exploité en France. Viande maigre, sauvage, sans élevage intensif et issue d’animaux vivant en liberté, le gibier séduit aujourd’hui bien au-delà du seul monde de la chasse. Cette démarche s’inscrit également dans une logique de gestion cohérente des populations de grand gibier, dont les dégâts agricoles continuent de peser lourdement sur de nombreux territoires ruraux.
Dans la continuité de “Gibier pour tous”
Cette initiative rappelle également l’opération nationale “Gibier pour tous”, portée par Fédération Nationale des Chasseurs, qui vise à développer les dons de viande de gibier au profit d’associations caritatives et de banques alimentaires. Dans l’Aude, la Fédération des chasseurs mène déjà depuis 2024 l’opération “Venaison solidaire” avec la Banque Alimentaire, permettant de redistribuer une partie des animaux prélevés à des familles dans le besoin. Une manière pour le monde cynégétique de rappeler que la chasse ne se limite pas à la régulation ou à la gestion de la faune sauvage, mais qu’elle participe aussi à une véritable filière alimentaire locale autour d’une viande naturelle et durable.











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