Le 1er juin prochain, le tribunal de Senlis rendra sa décision concernant Stanislas Broniszewski, poursuivi pour l’organisation présumée d’un rassemblement non déclaré lors de la fête de la vénerie en juin 2025. En attendant, les réquisitions du parquet lors du procès, qui s’est tenu lundi, de celui qui a fait de la haine anti-chasse à courre son fond de commerce, 3 000 euros d’amende dont 2 000 avec sursis, laissent un goût amer à ceux qui ont vécu, sur place, une journée loin d’être anodine et qui aurait pu tourner au tragique.
Une fête dégradée par des militants organisés
Ce 14 juin 2025, Senlis devait célébrer les 90 ans de son musée de la vénerie. Une journée patrimoniale, ouverte au public, familiale. Elle a été progressivement perturbée par la présence de militants déterminés à en découdre. Provocations, pressions, tensions : au fil des heures, le climat s’est nettement dégradé, au point de faire hésiter les organisateurs sur le maintien de certaines animations et d’entrainer l’intervention des forces de l’ordre. Ceux qui y étaient ne parlent pas d’un simple désaccord d’idées, mais d’une volonté claire de perturber. Autour d’AVA, d’autres groupes militants, dont le réseau Pythagore, connu pour ses positions radicales, étaient présents, certains de leurs membres en tenues paramilitaires. Une convergence qui n’a rien d’anodin.
Un rôle que personne n’assume vraiment
À l’audience, Stanislas Broniszewski a choisi de minimiser son rôle, se présentant comme un simple porte-parole. Une ligne de défense classique. Mais à la barre, les éléments évoqués racontent autre chose : un prévenu décrit notamment par des représentants des forces de l’ordre comme “à la manœuvre”, impliqué dans l’organisation du rassemblement non déclaré. C’est tout le problème de ce type d’actions : une organisation bien réelle sur le terrain, mais une dilution des responsabilités dès qu’il s’agit d’en répondre devant la justice.
Une réponse judiciaire qui interroge
Sur le papier, l’infraction reprochée est claire : organisation d’une manifestation non déclarée, avec à la clé des peines pouvant aller jusqu’à six mois de prison et 7 500 euros d’amende. Dans les faits, les réquisitions sont sans commune mesure avec ce plafond. Une amende en grande partie assortie de sursis, et une volonté affichée de ne pas “taper”. Le message envoyé est limpide : malgré les tensions, malgré les perturbations et malgré l’affirmation d’une véritable haine des veneurs, la réponse restera mesurée, si ce n’est dérisoire.
Une stratégie désormais bien rodée
Depuis plusieurs années, certaines organisations opposées à la chasse à courre ont fait de la recherche du conflit violent leur principal mode d’action. Présence systématique, pression constante, volonté de créer des altercations verbales et physiques avec les veneurs. Un choix assumé, qui dépasse largement le cadre du débat d’idées pour s’inscrire dans une logique de confrontation directe avec les pratiquants d’une activité pourtant légale. Et lorsque vient le temps judiciaire, la mécanique est tout aussi rodée : contestation des responsabilités, minimisation des rôles, repositionnement du discours.
Une question simple en suspens
Le 1er juin, le tribunal tranchera. Mais au-delà du cas individuel, c’est une question plus large qui se pose : jusqu’où ces méthodes peuvent-elles se développer sans réponse ferme ? Car à Senlis, ce n’est pas seulement un dossier qui est jugé. C’est aussi un signal qui sera envoyé. Et pour l’instant, ce signal a tout d’un avertissement… sans réelle portée, comme si s’en prendre aux chasseurs, n’était pas aussi grave et répréhensible qu’à d’autres catégories de la population.







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