Près de 200 incidents recensés en Nouvelle-Aquitaine depuis 2020 : les entreprises forestières font face à une recrudescence d’actes de malveillance, souvent attribués à des militants écologistes opposés à certaines pratiques sylvicoles au nom d’une vision fantasmée de la gestion des espaces naturels. Un phénomène suffisamment préoccupant pour déclencher une réaction coordonnée avec la gendarmerie.
Une violence qui s’installe au cœur des forêts
Au cœur des forêts de Nouvelle-Aquitaine, la tension monte d’un cran. Tags, insultes, intrusions sur les chantiers, dégradations de matériel… la liste des incidents ne cesse de s’allonger. À Vicq-sur-Breuilh, en Haute-Vienne, Éric Paillot, gérant de l’entreprise Mecafor, a dû investir lourdement pour protéger ses machines. Caméras de surveillance, systèmes connectés, télésurveillance permanente : près de 400 000 euros ont été engagés pour sécuriser une quarantaine de véhicules. Un investissement devenu indispensable face à des actes qui ne relèvent plus de la simple contestation, mais bien du sabotage.
Des actes dangereux et assumés
Sur le terrain, les témoignages convergent. Michel Sarr, référent de la filière bois en Limousin, décrit des situations préoccupantes : intrusion de personnes cagoulées sur les chantiers, pressions, intimidations. Au-delà des dégradations matérielles, c’est la sécurité même des professionnels qui est en jeu. Des engins lourds en fonctionnement, des équipes au travail… et des individus qui s’introduisent volontairement dans ces zones à risque. Certains forestiers hésitent même à porter plainte, par crainte de représailles ou simplement pour ne pas perdre une journée de travail. Un climat délétère, qui en dit long sur la dérive de certaines formes de militantisme.
Une réponse organisée avec la gendarmerie
Face à cette situation, la filière bois s’organise. Depuis 2021, un outil de signalement permet de recenser les incidents : 195 dégradations ont déjà été enregistrées dans la région. Dernière étape en date : la mise en place d’un lien direct avec la gendarmerie. Une adresse dédiée permettra désormais de signaler rapidement les chantiers en cours, afin d’orienter les patrouilles et d’intervenir plus efficacement. Objectif affiché : prévenir les actes de vandalisme, mais aussi faciliter les procédures judiciaires contre les auteurs de ces dégradations.
Une contestation qui franchit un cap
Derrière ces actes, ce sont souvent des militants opposés aux coupes rases qui sont pointés du doigt. Un débat qui existe, bien sûr, mais qui ne peut en aucun cas justifier des actes illégaux. Car il faut le rappeler : les forestiers ne sont pas des “destructeurs” comme certains discours le laissent entendre, mais des professionnels qui gèrent une ressource essentielle, dans le respect de cadres réglementaires stricts. S’en prendre aux outils de travail, intimider des salariés ou pénétrer illégalement sur des chantiers ne relève plus du débat d’idées. C’est une dérive dans laquelle sombre chaque jour un peu plus une certaine frange de militants pour une écologie radicale
Un ras-le-bol qui monte
Avec 77 % des incidents concentrés en Corrèze et en Dordogne, le phénomène touche directement des territoires ruraux où la filière bois est un pilier économique. Dans ces conditions, la mise en place d’un partenariat avec les forces de l’ordre apparaît comme une réponse de bon sens. Reste à savoir si cela suffira à endiguer une vague de sabotages qui, sous couvert d’engagement écologique, met aujourd’hui en difficulté des professionnels… et dépasse clairement le cadre de la contestation légitime. Sur le terrain, les témoignages des professionnels et les images parlent d’eux-mêmes. La situation, loin d’être anecdotique, s’inscrit dans une réalité bien concrète pour la filière bois comme vous pouvez le constater dans ce reportage de France 3 Nouvelle Aquitaine:







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