Aveyron : le GARS forme de nouveaux conducteurs pour la recherche au sang

Recherche au sang dans l'Aveyron

Quatorze conducteurs et leurs chiens se sont retrouvés à Laguiole pour l’épreuve annuelle organisée par le Groupement Aveyronnais de Recherche au Sang. Sur des pistes artificielles vieilles de 20 ou 40 heures, seuls quatre binômes sont parvenus à décrocher leur qualification. Une sélection exigeante qui rappelle surtout l’importance de la recherche du grand gibier blessé, véritable prolongement éthique de l’action de chasse.

Quatorze candidats sur les pistes de Laguiole

Comme chaque année, le Groupement Aveyronnais de Recherche au Sang, le GARS, avait choisi Laguiole pour organiser son épreuve destinée à qualifier de nouveaux chiens de recherche. La société de chasse locale et l’Office national des forêts mettent pour l’occasion leurs territoires à disposition afin de permettre aux candidats de travailler dans des conditions proches de celles qu’ils rencontreront ensuite lors de véritables recherches. Cette année, 14 candidats étaient engagés. Les bénévoles du GARS avaient préparé onze pistes âgées de 20 heures et trois autres de 40 heures. Ces parcours artificiels sont précisément destinés à évaluer la capacité du chien à conserver une voie devenue ancienne, malgré les nombreuses odeurs parasites présentes dans le milieu naturel.

La chaleur complique sérieusement l’épreuve

Les conditions météorologiques ont rendu l’exercice particulièrement difficile. Avec la chaleur extrême, seuls quatre des quatorze candidats sont finalement parvenus à qualifier leur chien. Une difficulté qui souligne le niveau d’exigence de ces épreuves. La recherche au sang ne consiste pas simplement à lâcher un chien derrière un animal. Le conducteur doit être capable de lire les indices laissés sur le terrain, de comprendre les réactions de son chien et d’interpréter le comportement probable de l’animal blessé. L’UNUCR rappelle d’ailleurs qu’un conducteur agréé doit suivre une formation théorique et pratique, bénéficier d’un parrainage puis réussir avec son chien une épreuve de recherche sur piste artificielle ou naturelle.

Jade Berthomieu et Virus réalisent le parcours parfait

Côté aveyronnais, Jade Berthomieu s’est particulièrement distinguée. Cette conductrice déjà expérimentée remporte l’épreuve avec la note maximale de 100 points grâce au travail remarquable de Virus, son petit bleu de Gascogne. Une performance qui n’est d’ailleurs pas totalement une surprise. Jade Berthomieu s’était déjà illustrée lors de précédentes épreuves organisées à Laguiole, démontrant combien la réussite repose sur la complicité entre le conducteur et son chien. Didier Jacquemond peut également savourer sa réussite. Ce tout nouveau conducteur est parvenu à qualifier Voïce, son teckel.

Rechercher un animal blessé, une question de respect et d’éthique

Derrière ces concours et ces qualifications se trouve surtout une mission essentielle. Même avec un bon tireur, une arme correctement réglée et une balle adaptée, aucun tir de chasse n’est totalement à l’abri d’une erreur. Un animal peut être atteint sans tomber sur place et parcourir plusieurs centaines de mètres, voire davantage, avant de se remiser. Dans ces circonstances, considérer qu’un animal qui disparaît est nécessairement manqué constitue une erreur. La recherche permet soit de retrouver un animal mort, soit de rejoindre un animal encore vivant afin de mettre un terme aussi rapidement que possible à ses souffrances. L’Union Nationale pour l’Utilisation de Chiens de Rouge est très claire sur ce point : l’éthique de la chasse au grand gibier impose de rechercher systématiquement un animal lorsqu’il existe un doute sur l’issue du tir. Des chiens spécialement formés, conduits par des personnes expérimentées, offrent les meilleures chances de réussite.

Après un tir douteux, ne pas compromettre la recherche

Le premier service que peut rendre le chasseur au conducteur de chien de sang consiste souvent à ne pas vouloir immédiatement suivre lui-même l’animal. Lorsque le gibier ne tombe pas au coup de feu, il est préférable d’observer précisément l’endroit où il se trouvait au moment du tir ainsi que son point de fuite et de rechercher avec précaution les premiers indices. Sang, poils, fragments d’os ou réaction particulière de l’animal peuvent fournir de précieuses indications sur la nature de la blessure. Multiplier les déplacements sur la voie ou laisser plusieurs chiens poursuivre immédiatement l’animal risque en revanche de compliquer considérablement le travail ultérieur du chien de rouge. Dans le doute, mieux vaut donc faire appel à un conducteur expérimenté.

La loi reconnaît le caractère particulier de cette mission

La recherche au sang bénéficie d’ailleurs d’un statut particulier dans le Code de l’environnement. Son article L.420-3 précise que le fait, pour un conducteur de chien de sang, de rechercher un animal blessé ou de contrôler le résultat d’un tir ne constitue pas un acte de chasse. Le même article indique également qu’achever un animal mortellement blessé ou aux abois ne constitue pas davantage un acte de chasse. Cette reconnaissance juridique traduit bien la philosophie de la recherche au sang : il ne s’agit pas de réaliser un nouveau prélèvement, mais d’aller au terme de la responsabilité née du premier tir.

Deux nouveaux conducteurs pour l’Aveyron

Pour la prochaine saison, le département pourra compter sur deux nouveaux conducteurs. Christian Rossignol interviendra dans le nord de l’Aveyron tandis que Didier Jacquemond pourra assurer des recherches dans le sud du département. Le GARS a tenu à remercier la Fédération départementale des chasseurs de l’Aveyron, l’ONF, la SCC12, la société de chasse et la mairie de Laguiole, ainsi que le Comptoir Nature Aveyronnais de Lioujas et le Bar Tabac Toutet de Laguiole pour leur soutien à cette épreuve. Derrière les performances des chiens et de leurs conducteurs, c’est finalement une conception exigeante de la chasse qui s’exprime. Tirer un animal engage la responsabilité du chasseur. Et lorsque subsiste le moindre doute, tout mettre en œuvre pour le retrouver est probablement l’une des plus belles formes de respect que l’on puisse témoigner au gibier.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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