Souvent réduit à son allure atypique et à son surnom de « chien-saucisse », le teckel est pourtant l’un des chiens de chasse les plus anciens et les plus redoutables d’Europe. Derrière sa petite taille se cache un chien courageux, endurant et doté d’un mental hors norme. Du terrier au sanglier, ce chien allemand s’est imposé dans de nombreux modes de chasse.
Une origine ancienne forgée pour la chasse
L’histoire du teckel plonge ses racines au cœur de l’Europe médiévale. Mentionné très tôt dans la littérature germanique sous le nom de Dachshund, littéralement « chien de blaireau », il aurait été sélectionné à partir de chiens courants de type basset, avec des apports de pinscher. Dès l’origine, l’objectif est clair : créer un chien capable de suivre une voie, d’entrer sous terre et de tenir tête à des animaux puissants dans des espaces confinés.
Cette sélection rigoureuse explique encore aujourd’hui la morphologie unique du teckel, avec un corps allongé, une poitrine développée et une détermination rarement égalée chez un chien de ce format.

Le XIXe siècle, tournant décisif pour la race
C’est au XIXe siècle que le teckel connaît un véritable essor. L’Allemagne et l’Europe centrale multiplient les élevages spécialisés, tandis que les premières grandes expositions officielles apparaissent. Berlin et Amsterdam accueillent, dès 1891, des rassemblements réunissant plusieurs centaines de sujets. Dans le même temps, les premières épreuves de travail structurées voient le jour, notamment les recherches au sang sur piste artificielle, dès 1893. Le teckel cesse alors d’être un simple chien utilitaire local pour devenir une race reconnue, codifiée et sélectionnée sur ses aptitudes de chasse.
Un chien, neuf combinaisons possibles
Le teckel occupe une place à part dans la nomenclature internationale. Il constitue à lui seul le groupe 4 de la FCI. Il existe trois tailles reconnues :
– le teckel standard,
– le teckel nain,
– le teckel kaninchen.
Chacune de ces tailles se décline en trois types de poil : ras, long et dur. Le poil ras est historiquement le plus ancien. Le poil long apparaît dès le XVIIe siècle, tandis que le poil dur, aujourd’hui très apprécié des chasseurs, est fixé au XIXe siècle pour renforcer la rusticité et la résistance du chien.

Le teckel, un vrai chien de chasse polyvalent
À l’origine spécialiste du déterrage, le teckel a largement dépassé ce cadre. Sa finesse de nez, sa ténacité et sa capacité à tenir une voie en font un excellent chien de sang. De nombreux conducteurs l’utilisent aujourd’hui pour la recherche de gibier blessé, où sa persévérance fait la différence.
Sur le sanglier, le teckel surprend souvent ceux qui ne le connaissent pas. Peu impressionné par la taille du gibier, il sait mener, rapprocher et tenir au ferme avec un courage remarquable. Sa petite taille lui permet d’évoluer dans des épais très denses, là où des chiens plus grands peinent à passer. Cette capacité à « salir le terrain » en fait un auxiliaire précieux en battue, notamment dans les zones embroussaillées. Chaque type de poil présente toutefois ses spécificités. Le poil ras est généralement plus vif, le poil dur plus rustique et très orienté chasse, tandis que le poil long se montre souvent plus posé, sans perdre ses qualités de travail.

Un caractère affirmé, typique des chiens de chasse
Le teckel est un chien volontaire, indépendant et parfois dominant envers ses congénères. Ces traits de caractère ne sont pas des défauts, mais le résultat d’une sélection orientée vers le travail autonome, notamment sous terre. Un chien hésitant ou soumis n’aurait jamais survécu face à un blaireau ou un sanglier au ferme. Très attaché à son maître, parfois exclusif, le teckel se montre aussi affectueux et joueur. Il demande une éducation ferme, cohérente et précoce, sans brutalité. La constance est essentielle pour canaliser son tempérament, tout en respectant ses instincts naturels.
Un chien qui a besoin de chasser ou de travailler
Le teckel reste un chien de chasse avant tout. Lorsqu’il ne pratique pas la chasse, il doit impérativement bénéficier d’activités de substitution. Pistage, recherche olfactive ou travail sur piste artificielle permettent d’éviter l’apparition de troubles du comportement. Un teckel privé de stimulation mentale et physique cherchera lui-même à s’occuper. Destruction, fugues, hyperattachement ou comportements indésirables sont alors fréquents. À l’inverse, un teckel qui travaille régulièrement se montre équilibré, attentif et bien plus fiable en extérieur.
Une vigilance particulière sur la santé
La morphologie du teckel impose certaines précautions. Sa colonne vertébrale longue le rend plus sensible aux problèmes de dos, notamment en cas de sauts répétés ou d’escaliers fréquents. Limiter les montées sur les canapés, contrôler les escaliers et maintenir un poids adapté font partie des règles de base. Sur le terrain, cette vigilance n’empêche pas le teckel d’être un chien robuste, capable d’encaisser des journées longues et exigeantes, à condition qu’il soit bien conduit et entretenu.
Entretien et rusticité
L’entretien varie selon le type de poil. Le teckel à poil dur nécessite un brossage régulier et parfois un épilation légère, tandis que le poil ras reste très simple à entretenir. Dans tous les cas, il s’agit d’un chien rustique, bien adapté aux conditions de chasse difficiles.
Se renseigner avant de choisir
Choisir un teckel pour la chasse, et notamment pour le sanglier, ne s’improvise pas. Taille, type de poil, lignée de travail, caractère du chiot : autant de critères à étudier avec attention. Pour disposer d’informations fiables, connaître les standards officiels et identifier des élevages sérieux, il est fortement recommandé de se rapprocher de la Société Centrale Canine, interlocuteur de référence pour la race et ses aptitudes de travail.












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