La suspicion de maladie d’Aujeszky après la mort brutale d’un chien de chasse à Sérignan-du-Comtat, fin décembre, sème l’inquiétude parmi les chasseurs vauclusiens. Alors que les analyses sont en cours, les fédérations rappellent la nécessité d’une vigilance accrue, d’autant que des cas similaires surgissent dans un nombre croissant de départements.
Une suspicion qui relance l’alerte
C’est à Sérignan-du-Comtat, dans le Vaucluse, qu’un chien de chasse est décédé début décembre 2025, probablement après un contact avec un sanglier infecté par la maladie d’Aujeszky. La Fédération départementale des chasseurs (FDC 83) a immédiatement réagi : « On martèle les consignes de sécurité strictes pour essayer d’arrêter cette chaîne de transmission », explique Alain Briançon, président des chasseurs de Vaucluse. Un autre chien est mort dans la Drôme à la même période, dans des circonstances similaires.
Un virus mortel pour les chiens, invisible chez les sangliers
La maladie d’Aujeszky, souvent surnommée « pseudo-rage », est un virus essentiellement porté par le porc domestique et le sanglier. Le vétérinaire Aymeric Gontier précise auprès de nos confrères d’Ici Vaucluse que, pendant l’action de chasse, c’est le fait d’aller mordre un sanglier, ou d’aller consommer la viande ou les abats qui sont crus qui pose problème et que c’est ainsi que les chiens de chasse peuvent attraper cette maladie. Le virus peut être asymptomatique chez le sanglier, ce qui rend sa détection quasiment impossible sur le terrain. Mais une fois transmis au chien, la maladie est foudroyante : troubles neurologiques, boiteries, automutilation, paralysie de la gorge, salivation abondante… L’issue est presque toujours fatale, souvent en moins de trois jours et dans d’atroces souffrances. « Je peux vous dire que dans les deux ou trois jours, le chien est mort. Et semble-t-il dans des souffrances très importantes », confirme Alain Briançon.
Des consignes strictes mais difficiles à tenir
Pour tenter d’endiguer la progression de la maladie, les sociétés de chasse multiplient les messages de prudence. Désinfection systématique du matériel, des bottes, des laisses, et surtout, interdiction absolue de donner de la viande ou des abats crus de sanglier aux chiens. Mais sur le terrain, la réalité est moins simple, comme l’admet le vétérinaire : « Ce n’est pas toujours évident en action de chasse d’être derrière son chien à chaque instant. Mais c’est vrai qu’il faut éviter, voire ne pas donner d’abats ou de viande crue à son chien. »
La carte de France s’assombrit : de plus en plus de départements touchés
Le Vaucluse n’est pas un cas isolé. Ces dernières semaines, des cas avérés ou suspectés de maladie d’Aujeszky ont été signalés dans l’Allier, les Alpes-Maritimes, le Cantal, le Cher, la Côte-d’Or, la Dordogne ou encore la Haute-Loire. Ce phénomène s’étend, rendant le travail des chasseurs encore plus complexe et exposant leurs compagnons à un danger mortel croissant.
Analyses en cours, inquiétude persistante
Les résultats définitifs sur les chiens morts dans le Vaucluse et la Drôme sont attendus pour la semaine du 19 janvier 2026. Les autorités cherchent d’abord à écarter tout risque de rage, avant de confirmer (ou non) le diagnostic d’Aujeszky. Quoi qu’il en soit, le message est clair : la vigilance doit être maximale, car la maladie continue de progresser sur le territoire.











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