Après la polémique liée au retrait de plusieurs spots publicitaires de la Fédération nationale des chasseurs sur la chaîne Gulli, la FNC sort du silence. Contactée par notre média, elle rétablie les faits et dénonce cette décision.
Une polémique née d’une campagne nationale
Comme vous le savez, depuis le 15 mars 2026, la Fédération nationale des chasseurs (FNC) a lancé une campagne de communication d’envergure autour du slogan « Qui va à la chasse trouve sa place ». Diffusée à grande échelle, cette opération prévoit plus de 1 400 passages sur différentes chaînes de télévision, mais aussi une présence sur les réseaux sociaux. L’objectif affiché est clair : toucher un public large, notamment les jeunes adultes, et valoriser une activité présentée comme un lien direct avec la nature, la ruralité et les circuits courts. Une stratégie assumée dans un contexte où la chasse cherche à renouveler ses pratiquants. Mais cette campagne n’a pas tardé à susciter des réactions. Une association anti-chasse, Futur Asso, a interpellé la chaîne Gulli, propriété du groupe M6, dénonçant la diffusion de ces spots sur une chaîne identifiée comme familiale et jeunesse. Résultat : la chaîne a décidé de retirer ces publicités de sa programmation.
Une mobilisation militante rapidement efficace
Du côté des opposants à la chasse, la séquence est présentée comme une victoire. Une pétition, un signalement auprès de l’Arcom et une pression médiatique ciblée ont suffi à obtenir la suspension des spots sur Gulli. L’argument principal avancé repose sur la protection du jeune public et sur le refus de voir la chasse promue auprès des enfants, même indirectement. Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de contestation des actions de la FNC, notamment ses interventions dans les écoles ou ses initiatives pédagogiques.
Ce que révèle la réponse officielle de la FNC
Face à cette polémique, la Fédération nationale des chasseurs a tenu à apporter des précisions importantes, transmises à So Chasse. Premier point clé : la portée réelle de la décision. Contrairement à ce qui a pu être suggéré, seuls 20 spots ont été suspendus, sur un total de plus de 2 000 diffusions prévues. L’impact reste donc marginal à l’échelle de la campagne globale. Deuxième élément déterminant : le contexte de diffusion. Les spots sur Gulli étaient intégrés à un package global d’achat d’espace du groupe M6, comprenant également W9 et 6Ter. Ils étaient programmés exclusivement en soirée, sur des programmes généralistes. La FNC insiste sur ce point : aucun spot n’a été diffusé, ni même prévu, pendant les plages horaires destinées aux enfants, comme les dessins animés ou les programmes jeunesse.
Une campagne validée par les autorités de régulation
Autre argument avancé par la fédération : la conformité réglementaire de la campagne. Les contenus ont été validés en amont par l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP). Cela signifie que les spots respectent les règles strictes en matière de responsabilité sociale. Ils ne comportent ni images violentes, ni incitation à des comportements dangereux, ni contenu inadapté aux mineurs. Dans les faits, les vidéos diffusées montrent des scènes bucoliques, axées sur la nature et la convivialité, sans représentation d’actes de chasse. Au cœur du débat, une question de fond : la chasse a-t-elle sa place dans les médias, notamment à la télévision ?
Pour la FNC, la réponse est sans ambiguïté. La chasse est une activité légale, encadrée, pratiquée par près d’un million de Français. À ce titre, elle estime légitime de pouvoir communiquer au même titre que d’autres secteurs. La fédération affirme ne demander aucun traitement de faveur, mais revendique une égalité de traitement dans l’accès aux espaces publicitaires. C’est sur ce point que la réaction de la FNC se fait la plus ferme. La suspension des spots sur Gulli est qualifiée de décision unilatérale, prise sous pression militante. Pour la fédération, il s’agit d’un précédent inquiétant : céder à des campagnes ciblées pourrait fragiliser la neutralité des médias et ouvrir la porte à d’autres formes de restrictions d’expression. Ce positionnement relance un débat plus large sur l’influence des groupes militants dans les décisions éditoriales et commerciales des chaînes de télévision.












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