Mac Lesggy : jusqu’à 100 millions d’oiseaux tués par an en France par les chats

Invité du média numérique Le Crayon, Mac Lesggy s’est intéressé à un sujet aussi sensible que rarement évoqué : l’impact des chats domestiques sur la biodiversité. Selon les estimations qu’il cite, ils tueraient chaque année entre 60 et 100 millions d’oiseaux en France. L’animateur de E=M6 ne propose évidemment pas de déclarer la guerre à nos félins, mais de responsabiliser davantage leurs propriétaires.

L’impact des chats sur la biodiversité

Avec son éternelle paire de lunettes et son goût pour la vulgarisation scientifique, Mac Lesggy accompagne les téléspectateurs français depuis plus de trente ans. Ingénieur agronome de formation, il présente E=M6 depuis la création de l’émission en 1991. Il vient également de publier Toutes les vérités scientifiques sont bonnes à dire, aux éditions du Rocher, un ouvrage dans lequel il entend remettre les faits et la rationalité au centre des débats. Il était récemment l’invité du Crayon, un média numérique diffusant principalement ses contenus sur les réseaux sociaux et qui se présente comme un espace d’information, de contradiction et de débat sur les grands sujets de société. Cette fois, le scientifique s’est penché sur la prédation exercée par les chats domestiques.

Entre 16 et 18 millions de chats en France

« Il y a beaucoup de chats en France. Il y en a entre 16 et 18 millions », commence Mac Lesggy. Une population considérable à laquelle s’ajoutent les chats errants et les chats harets, ces animaux domestiques retournés à une vie totalement ou partiellement sauvage. Le Muséum national d’Histoire naturelle rappelle que le chat, malgré plusieurs millénaires de domestication, a conservé de remarquables capacités de chasseur. Même lorsqu’il est correctement nourri par son propriétaire, le petit félin continue à capturer des proies. Il ne chasse donc pas seulement pour répondre à un besoin alimentaire, mais aussi parce que ce comportement reste profondément ancré dans son instinct. « Le problème, c’est que le chat est un prédateur. Le quotidien du chat, c’est de chasser des rongeurs et des oiseaux », résume l’animateur.

Jusqu’à 100 millions d’oiseaux tués chaque année

Mac Lesggy cite ensuite une estimation attribuée à une étude du Muséum national d’Histoire naturelle : « On estime que la prédation des oiseaux par les chats en France tue chaque année 60 à 100 millions d’oiseaux. ». Même en retenant la fourchette la plus basse, le chiffre est impressionnant. Il montre qu’une prédation apparemment anecdotique à l’échelle d’un jardin peut devenir considérable lorsqu’elle est multipliée par plusieurs millions de félins. Tous les chats ne capturent évidemment pas le même nombre de proies. Certains ne sortent jamais, tandis que d’autres passent une grande partie de leurs journées à parcourir les jardins, les friches et les campagnes. Les propriétaires ne découvrent d’ailleurs qu’une partie de leurs prises. Un chat peut consommer ou abandonner sa proie à l’extérieur sans la rapporter devant la porte de la maison.

Des solutions simples sans « brimer » les chats

Mac Lesggy ne demande ni l’enfermement systématique des chats ni l’adoption de mesures coercitives contre leurs propriétaires. Il propose plusieurs gestes simples permettant de réduire la pression exercée sur la petite faune. La première mesure est la stérilisation, notamment pour empêcher la multiplication des populations de chats errants. Un couple de chats non stérilisés peut être à l’origine de très nombreux descendants, dont une partie risque de vivre sans propriétaire et de dépendre directement de la chasse pour survivre. L’animateur conseille également le port d’une clochette pour les chats ayant accès à l’extérieur : « Le port de clochettes pour des chats qui servent d’avertisseur, pour tous les chats qui ont un accès à l’extérieur, en zone périurbaine ou à la campagne. ». Le tintement peut donner aux oiseaux et aux petits mammifères quelques secondes supplémentaires pour détecter l’arrivée du prédateur. Mac Lesggy évoque aussi une alimentation adaptée et le fait de jouer régulièrement avec son animal. Les séances de jeu permettent au chat de reproduire une partie des comportements liés à la chasse, comme l’approche, la poursuite et la capture.

Responsabiliser les propriétaires plutôt qu’accuser les félins

« Ce sont des mesures simples et de bon sens que les propriétaires de chats, qui voient un jour sur deux leur chat ramener des moineaux ou des mésanges à la maison, pourraient prendre sans atteinte au droit des chats ou au droit des propriétaires de chats », explique Mac Lesggy. Le propos mérite d’être entendu sans tomber dans une opposition caricaturale entre défenseurs des oiseaux et amoureux des félins. Un chat ne peut évidemment pas être tenu moralement responsable de son instinct. La responsabilité appartient à son propriétaire, qui peut tenter de limiter les sorties pendant certaines périodes sensibles, notamment lorsque les jeunes oiseaux quittent les nids, surveiller les proies rapportées ou aménager différemment son jardin. La protection de la biodiversité ne concerne pas seulement les activités agricoles, forestières ou cynégétiques. Elle commence aussi devant la porte de nos maisons.

Un amoureux des chats peut aussi protéger la biodiversité

L’auteur de ces lignes est lui-même un amoureux des chats autant qu’un chasseur passionné. Il en a possédé jusqu’à quatre simultanément, tous stérilisés et étroitement surveillés quant à leur comportement de prédation sur la faune environnante. Reconnaître l’impact possible de nos compagnons ne revient donc pas à les aimer moins. Cela signifie simplement accepter qu’un animal domestique peut conserver un comportement de prédateur particulièrement efficace. Un chat qui rapporte régulièrement des mésanges, des moineaux, des lézards ou de jeunes mammifères ne fait qu’obéir à son instinct. Son propriétaire, en revanche, peut prendre des précautions pour diminuer le nombre de victimes. « Nos habitudes, même vis-à-vis de nos animaux de compagnie, ont des répercussions sur la biodiversité », conclut Mac Lesggy. Une affirmation qui devrait pouvoir rassembler chasseurs, naturalistes et propriétaires d’animaux. Aimer son chat et protéger les oiseaux de son jardin ne sont pas deux démarches contradictoires.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

Depuis son lancement en 2008, la Browning X-Bolt s’est imposée comme l’une des références du marché des carabines à verrou.

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