D’une palombière landaise à un gabion des marais du Calvados, en passant par les forêts du Cher, Mathieu Lefèvre multiplie les rencontres et les déplacements sur le terrain. Nommé ministre délégué chargé de la Transition écologique, il surprend par sa volonté d’aller voir, d’écouter et d’échanger, loin des postures idéologiques qui ont trop longtemps crispé le dialogue avec le monde cynégétique.
Forêts engrillagées : le ministre au front dans le Cher
Le 15 décembre, Mathieu Lefèvre s’est rendu dans le Cher, là où les récentes modifications législatives sur les propriétés engrillagées sont vécues souvent de manière négative par les propriétaires. Sur place, le ministre a défendu cette récente loi encadrant l’engrillagement des espaces naturels, rappelant l’importance d’une régulation intelligente, sans tomber dans la caricature. Il a manifesté une volonté de dialogue et a annoncé la création de comités de suivi régionaux, véritables laboratoires d’application, avant une généralisation au niveau national.
Des gestes concrets, pas des effets d’annonce
Ce déplacement s’inscrit dans une séquence inédite pour les chasseurs, qui ont pu voir, ces dernières semaines, un ministre délégué arpenter la palombière dans les Landes ou s’installer dans un gabion au cœur des marais normands. Face aux critiques prévisibles de certains milieux anti-chasse, Lefèvre a fait le choix de la rencontre directe avec les fédérations départementales, les élus ruraux et les acteurs de terrain, préférant la discussion au dogme et l’expérience vécue aux idées reçues.
La chasse reconnue comme acteur de la biodiversité
Dans les Landes, le 15 novembre, l’immersion du ministre dans le monde de la chasse en palombière a marqué les esprits. Au contact des chasseurs et des élus, il a pu constater leur engagement pour la préservation des habitats, bien loin des clichés. Idem dans le Calvados, début décembre, où il a suivi la gestion des prélèvements de gibier d’eau, avant de visiter une station dédiée à la surveillance des poissons migrateurs. Preuve que la chasse sait conjuguer gestion, transmission et préservation.
Un dialogue ouvert avec la Fédération Nationale des Chasseurs
Depuis sa prise de fonction le 12 octobre, Mathieu Lefèvre multiplie les échanges directs avec Willy Schraen et la FNC. Ce dialogue régulier, sans langue de bois, tranche avec l’hostilité affichée de certaines ONG, certaines figures médiatiques de l’écologie comme Monique Barbut, ancienne présidente de WWF France et désormais ministre de tutelle de Mathieu Lefèvre, qui n’a jamais caché sa méfiance, voire son hostilité, envers la chasse, ni son passé de militante. Les chasseurs, eux, notent la différence : pour la première fois depuis longtemps, leur voix semble peser un peu plus dans les arbitrages.
Un Premier ministre, un député et des arbitrages en coulisse
Dans ce contexte tendu, le soutien de figures comme Daniel Labaronne, député et président du groupe chasse et pêche à l’Assemblée, joue à plein pour défendre la ruralité. Quant au Premier ministre, Sébastien Lecornu, sa proximité avec le monde de la chasse est connue, même si les priorités budgétaires du moment et les incertitudes sur la pérennité de son gouvernement compliquent sa marge de manœuvre.
Un vrai tournant ou simple parenthèse ?
Après des années d’hostilité larvée ou d’indifférence, la chasse française voit peut-être s’ouvrir une période nouvelle, avec un ministre qui n’hésite pas à sortir des bureaux pour juger sur pièce. Reste à voir si cette dynamique s’inscrira dans la durée et si le dialogue de terrain primera, enfin, sur la pression idéologique et médiatique. Mais pour l’heure, le signal est clair : la chasse retrouve un interlocuteur à la hauteur de ses enjeux.












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