Il y a des débats télévisés qui éclairent. Et puis il y a ceux qui confirment ce que les chasseurs savent déjà. Le face-à-face entre une chasseresse de terrain et Marine Tondelier appartient clairement à la seconde catégorie.
Voir la présidente des écologistes découvrir, presque interloquée, que des chasseurs puissent être insultés, klaxonnés, voire pris pour cible dans leur pratique quotidienne, relève du moment de télévision involontairement comique. « Il n’y a pas beaucoup de gens qui klaxonnent les chasseurs », affirme-t-elle, avec un aplomb qui laisse songeur. Manifestement, Marine Tondelier n’a pas dû beaucoup échanger avec des chasseurs au bord des routes, devant les cabanes ou sur les territoires, ces dernières années.
Même déconnexion sur le fameux « partage de la nature ». Dans son raisonnement, le chasseur disposerait de six jours pleins pour pratiquer la chasse. Dans la vraie vie, celle des chasseurs qui travaillent la semaine, on sort un seul jour, souvent le dimanche. Un jour. Sur un secteur précis. Quelques dizaines d’hectares. Pendant que les promeneurs, eux, disposent de six jours entiers pour parcourir forêts et chemins, et même sept jours, puisque lorsqu’une chasse est organisée sur un secteur donné, tous les autres restent parfaitement accessibles.
Le sanglier, ensuite. Là encore, la mécanique est bien huilée : trop de sangliers, donc trop de chasse. Une lecture simpliste, presque confortable, qui évite soigneusement de parler du changement climatique, des hivers de plus en plus doux, des cultures agricoles ultra-nourricières et de ce que vivent l’ensemble des pays européens, qu’ils interdisent ou non la chasse le dimanche. Curieux oubli pour une responsable politique dont le combat central est justement le climat.
Quant à la sécurité, la vieille ficelle est ressortie sans surprise. Un accident dramatique, ancien, brandi comme argument massue. Pourtant, les chiffres racontent une autre histoire. Le nombre d’accidents de chasse ne cesse de baisser, année après année, alors que près d’un million de chasseurs pratiquent chaque saison sans le moindre incident. À titre de comparaison, la route fait 312 morts par million de conducteurs. Chez les 18-24 ans, on compte 97 tués par million d’habitants. 84 chez les plus de 85 ans. 74 chez les 75-84 ans. 57 chez les 25-34 ans. La chasse provoque en moyenne 10 morts par an. Des statistiques bien réelles, mais qui n’alimentent visiblement pas les mêmes peurs médiatiques.
Ce que ce débat révèle surtout, c’est un fossé. D’un côté, une écologie de plateau, théorique, urbaine, rassurante pour ceux qui parlent des territoires sans les connaître vraiment. De l’autre, une ex anti-chasse qui montre avec beaucoup de précision en quoi sa pratique est encadrée. Peut-être serait-il temps, pour Marine Tondelier d’enfiler des bottes, d’aller au contact des chasseurs, d’écouter, d’observer, et surtout de comprendre. Le débat sur la chasse mérite mieux que cela.












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