Rats à Paris : Sarah Knafo dénonce le bilan d’Emmanuel Grégoire

Chez So Chasse, nous essayons régulièrement de comprendre le rapport que les responsables politiques entretiennent avec la gestion de la faune sauvage. À l’heure où les courants animalistes prennent de plus en plus de place dans le débat public, certains élus semblent désormais ouvrir la porte à des idées qui peuvent paraître quelque peu ubuesques. À l’approche des élections municipales, nous nous sommes demandé comment intégrer dans nos colonnes la campagne parisienne, particulièrement médiatisée. Si les chasseurs se soucient assez peu des voies sur berge et de la gestion du trafic dans la capitale, ils peuvent en revanche être intéressés par la position des candidats et donc de leurs partis politiques sur la manière dont ils envisagent la régulation des rats, un problème devenu majeur à Paris. On estime en effet qu’il y aurait près de 5 millions de rats dans la capitale.

Nous nous souvenions notamment que la municipalité d’Anne Hidalgo avait envisagé certaines approches inspirées des courants animalistes, notamment sous l’influence d’associations comme Paris Animaux Zoopolis (PAZ), qui réclamaient des méthodes non létales pour lutter contre les rats. Dans ce contexte, nous avons adressé un questionnaire aux principaux candidats à la mairie de Paris. Certes dans un délai relativement court (environ quinze jours) mais suffisant, pensions-nous, pour permettre à chacun de répondre.

À l’avant-veille de la fin de la période légale de communication électorale, nous constatons qu’une seule candidate nous a fait parvenir des réponses : Sarah Knafo. Nous avons échangé avec les équipes de Sophie Chikirou, qui avaient initialement accepté de répondre avant de se rétracter. Nous n’avons en revanche reçu aucune réponse de Rachida Dati, Emmanuel Grégoire ni de Pierre-Yves Bournazel. Nous publions donc ci-dessous les réponses de la candidate dont le slogan de campagne est « Une ville heureuse ». Bonne lecture.

Madame Knafo, quel bilan tirez-vous de la politique menée sous Anne Hidalgo sur la gestion des rats ?

Le bilan est simple : c’est un échec visible à l’œil nu. 84 % des Parisiens jugent leur ville sale, c’est un chiffre accablant qui dit tout. La prolifération des rats est la conséquence directe d’une politique de propreté défaillante. Sous Anne Hidalgo et Emmanuel Grégoire, on a préféré multiplier les comités et les discours sur la « cohabitation » avec les rongeurs plutôt que de traiter le problème à la racine. Le résultat est là : les rats sont omniprésents dans les rues, les parcs, les marchés, les bouches de métro. Les méthodes dites « non létales » promues par des associations comme PAZ ou Zoopolis relèvent d’une idéologie déconnectée des réalités sanitaires et du quotidien des Parisiens. On ne peut pas gouverner une capitale mondiale avec comme seule boussole le bien-être des rongeurs. C’est une lubie idéologique de plus, parmi d’autres, qui n’a apporté aucun résultat tangible.

La lutte contre la prolifération des rats doit-elle devenir une priorité municipale à part entière ?

Oui, mais à condition de la traiter avec méthode et pragmatisme. Dans mon programme, la lutte contre la prolifération des rats est d’abord intégrée à une politique globale de propreté, parce que c’est là que réside la vraie solution : la prolifération des rats n’est que la conséquence de la saleté. Si l’on retire aux rats leurs sources de nourriture en surface, on réduit mécaniquement leur prolifération. C’est pourquoi ma priorité absolue est d’abord de remettre Paris propre, en confiant le ramassage des ordures ménagères et le nettoyage de la voirie au secteur privé, qui fait ce travail mieux et moins cher que la régie municipale, comme l’a démontré un rapport de la chambre régionale des comptes. En parallèle, une équipe dédiée au sein du service environnement mettra en œuvre un plan anti-rats structuré : utilisation de glace carbonique, piégeage intelligent, installation de grillages sur les avaloirs pour empêcher les rats de remonter des égouts, et expérimentation de bacs d’ordures à couvercle verrouillé pour priver les rongeurs de nourriture la nuit. Ce plan concret et chiffré, c’est l’opposé des comités de réflexion stériles qui ont prospéré sous la mandature d’Anne Hidalgo et Emmanuel Grégoire.

Êtes-vous favorable à l’utilisation de méthodes létales pour réguler les populations de rats ?

Mon programme prévoit explicitement le piégeage et l’utilisation de glace carbonique, qui sont des méthodes efficaces et ciblées. Si la saleté n’avait pas envahi la ville, les rats resteraient dans les égouts, sans poser de problème en surface. C’est lorsque les ordures s’amoncellent qu’ils quittent les égouts et deviennent problématiques pour l’humain. C’est à partir de là qu’il faut lutter contre leur prolifération. En effet, la prolifération des rats constitue un problème sanitaire réel pour les Parisiens. Je suis opposée à l’idéologie qui voudrait que la ville de Paris se lie les mains face à un problème de santé publique par souci de « cohabitation » avec des nuisibles. L’idéologie ne saurait dicter la politique sanitaire d’une capitale de plus de deux millions d’habitants.

Vous engagez-vous à publier des indicateurs publics et réguliers sur la présence de rats et l’efficacité des actions menées ?

La transparence est au cœur de ma méthode. Dans mon programme, je m’engage à publier un bilan trimestriel public de l’avancement de tous les projets municipaux significatifs. Cela s’applique naturellement au plan anti-rats. Les Parisiens ont le droit de savoir ce que fait leur mairie, combien cela coûte et quels résultats sont obtenus. C’est d’ailleurs l’exact opposé de ce qui a été pratiqué sous Anne Hidalgo, où les comités se réunissaient, les subventions aux associations coulaient à flots, et aucun indicateur de résultat n’était jamais communiqué. Je m’engage à rendre publics les données de signalement, les interventions réalisées, les méthodes employées et leur efficacité mesurée. Les Parisiens sont des adultes capables de juger : ils méritent des chiffres, pas seulement des discours.

Peut-on encore gouverner une capitale mondiale en refusant de lutter contre des animaux considérés comme nuisibles lorsque leur prolifération pose un problème sanitaire et économique ?

Non, c’est impossible, et prétendre le contraire confine à l’irresponsabilité. Paris est une capitale mondiale qui attire chaque année des millions de touristes, qui abrite des milliers de restaurants, de commerces alimentaires, de marchés et d’établissements scolaires. La présence massive de rats représente un risque sanitaire documenté : leptospirose, salmonellose, contamination des aliments. Elle constitue également un préjudice économique direct pour les professionnels de la restauration et du commerce.

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Rédacteur en chef, SoChasse

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