Sanglier de Nouvelle-Zélande à Rungis : So Chasse à l’origine d’une question parlementaire

L’enquête publiée par So Chasse sur l’importation de sanglier de Nouvelle-Zélande vendue au marché de Rungis n’est pas restée lettre morte. À la suite de notre article et de la vidéo associée, Sandra Delannoy, députée du Nord, a officiellement saisi le ministère de la Transition écologique. Dans une question écrite particulièrement argumentée, elle dénonce un non-sens écologique, économique et agricole, et demande clairement si l’interdiction de ces importations ne serait pas aujourd’hui une mesure de bon sens. Celle-ci sera visible d’ici quelques jours au Journal Officiel.

Question écrite de Madame Delannoy, députée du Nord, adressée à Madame la ministre de la Transition écologique, de la chasse et de la pêche

Madame le député Delannoy interpelle Madame la ministre de la transition écologique, de la chasse et de la pêche sur « le paradoxe français du gibier de Noël ». Le marché de Rungis, souvent présenté comme le cœur battant de l’alimentation française, révèle une amère surprise qui fait office de tout sauf de cadeau au gibier français. Celui-ci, présent en abondance dans nos forêts et considéré comme produit haut de gamme, est pourtant devenu le parent pauvre des étals, au profit de produits de moins bonne qualité et venant de l’autre côté du globe.

En France, les populations de sangliers n’ont jamais été aussi importantes. A l’heure actuelle, entre 750 000 et 900 000 sangliers sont prélevés chaque saison sur l’ensemble du territoire. Les dégâts sur les terres agricoles, les collisions routières sont légion. C’est pourquoi, la chasse joue un rôle central de régulation. Cependant, Madame le député s’étonne que cette régulation ne s’accompagne pas d’une valorisation de ces produits naturels et d’excellence.

Selon le Conseil général de l’alimentation, en France, 36 000 tonnes de gibier sont consommées chaque année, dont la moitié vient d’une importation plus que lointaine : de Nouvelle-Zélande ! A l’heure où les forêts françaises regorgent de gibier et où la sobriété énergétique et écologique sont élevées au rang de dogme, Madame Delannoy demande à Madame le ministre comment elle justifie les milliers de kilomètres parcourus par le gibier néo-zélandais en avion pour apporter des produits déjà présents sur le territoire ? Adieu écologie, sobriété, souveraineté ! C’est à ce prix que les habitants mangent du gibier en France !

Par ailleurs, Madame le député souhaite attirer l’attention de Madame la ministre sur le lancement récent, le 24 novembre 2025, du Label Venaison porté par le Conseil international de la chasse et de la conservation du gibier (CIC). Ce nouveau label, déjà adopté par une cinquantaine de chefs et restaurateurs, vise à garantir une venaison issue d’une chasse éthique et durable, respectueuse des équilibres écologiques et de la préservation des habitats. Il entend promouvoir un produit naturel, sain, maigre et savoureux, sans intrants ni élevage intensif, s’inscrivant pleinement dans une démarche de circuits courts et de traçabilité. Le Label Venaison ambitionne également de replacer le gibier au premier plan de la gastronomie française en répondant à la demande croissante des consommateurs pour des produits locaux et respectueux de l’environnement, offrant ainsi une opportunité de valorisation de la filière française. Ce dispositif, qui pourrait constituer un véritable levier de souveraineté alimentaire et de réduction des importations lointaines, mérite selon Madame le député d’être soutenu et accompagné par les pouvoirs publics.

Madame le député demande donc à Madame la ministre si cette importante proportion d’importation est véritablement nécessaire eu égard à la surpopulation de gibier dans nos forêts ? Madame le député demande à Madame la ministre si cela est économiquement opportun ? Madame le député demande à Madame la ministre s’il ne serait pas plus judicieux d’interdire l’importation de ces produits dont les Français n’ont manifestement pas besoin ? Madame le député demande à Madame le ministre si ces importations ne sont pas, une fois encore, une mise en concurrence déloyale pour les producteurs français de gibier, organisée par l’Etat lui-même ? Ne serait-il pas temps d’investir dans la filière actuellement peu développée, notamment d’engager la construction d’abattoirs supplémentaires et de structurer le réseau de transformateurs et distributeurs ? Le Gouvernement compte-t-il enfin valoriser, favoriser les savoir-faire ruraux et défendre la souveraineté alimentaire de la France ? Il semble à Madame le député que cela n’aurait que des avantages : écologiques d’abord, mais aussi d’asseoir la souveraineté alimentaire française, de réguler les surpopulations de gibiers dans les forêts françaises, et enfin de développer une filière économique générant de facto de nombreux emplois. Aussi, eu égard aux crises agricoles récurrentes, cela enverrait enfin un signal fort et cohérent au monde rural quant au soutien qu’il est en droit d’espérer de la part du Gouvernement français.

So Chasse restera attentif à la réponse du Gouvernement à cette question et aux suites qui pourraient être données.

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Rédacteur en chef, SoChasse

Une réponse à “Sanglier de Nouvelle-Zélande à Rungis : So Chasse à l’origine d’une question parlementaire”

  1. Dewaele

    Dommage que de telles informations ne soient pas contrôlées avant d’en faire des articles et des articles….
    c’est le cerf qui vient de Nouvelle Zélande !!!

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