Dans son message de vœux pour 2026, Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), ne s’est pas contenté d’une allocution symbolique. Pendant plus de douze minutes, il a livré un bilan politique, stratégique et sociétal d’une année 2025 marquée par de fortes tensions, mais aussi par plusieurs avancées majeures pour le monde cynégétique. Un discours dense, révélateur de la ligne que la FNC entend poursuivre.
Une année 2025 marquée par la pression politique et médiatique
Dès les premières minutes de son intervention, Willy Schraen pose le décor. L’année 2025 aura été, selon lui, une année de « combats » et de « tempêtes politiques et médiatiques » pour les chasseurs. Une formule qui résume le climat dans lequel la chasse évolue depuis plusieurs années, entre contestations, procédures judiciaires, débats médiatiques récurrents et pressions réglementaires croissantes.
Pour le président de la FNC, ces attaques n’ont pourtant pas affaibli le monde de la chasse. Au contraire. Elles ont renforcé une forme de cohésion et de solidarité entre chasseurs, appelés à rester unis « malgré leurs différences », autour d’une passion commune et d’un attachement profond aux territoires ruraux.
Le 17 mai 2025, une mobilisation inédite pour la chasse
Parmi les temps forts de l’année écoulée, Willy Schraen met en avant la mobilisation nationale du 17 mai 2025, organisée dans le cadre du manifeste pour la chasse. Une action d’ampleur inédite, qui a vu les onze revendications portées par la FNC franchir « les portes des mairies » et bénéficier d’un écho médiatique significatif.
Cette mobilisation symbolise, selon lui, la vitalité de « la France des territoires, de la ruralité et des traditions ». Elle marque aussi une évolution stratégique de la FNC, qui cherche à peser davantage dans le débat public en s’appuyant sur le terrain, les élus locaux et les citoyens.
Un vote de confiance et une ligne assumée
Autre moment clé de 2025 : le congrès de la Fédération nationale des chasseurs, organisé à Avignon. Willy Schraen y a obtenu un nouveau vote de confiance en tant que président. Une légitimité renforcée qui l’engage, dit-il, à poursuivre la défense d’« une chasse populaire, moderne et fière de ses valeurs ».
Ce positionnement résume l’équilibre que la FNC cherche à maintenir : affirmer la modernité de la chasse tout en revendiquant son ancrage culturel, social et territorial. Une ligne qui se veut lisible, assumée et sans ambiguïté.
Migrateurs : une décision historique du Conseil d’État
Sur le terrain juridique et réglementaire, l’année 2025 aura également été marquée par une décision majeure. En octobre, le Conseil d’État a validé les nouvelles modalités de gestion de neuf espèces d’oiseaux migrateurs, rejetant l’ensemble des recours déposés par les associations anti-chasse.
Pour la FNC, cette décision constitue une victoire du « bon sens » et un tournant dans la gestion des espèces migratrices. Elle conforte la stratégie de la gestion adaptative, basée sur la collecte de données scientifiques et le suivi des prélèvements. Willy Schraen insiste notamment sur le rôle joué par les chasseurs de gibier d’eau, qui ont accepté de renseigner leurs prélèvements. Un effort collectif présenté comme indispensable pour garantir l’avenir de ces pratiques.
Tourterelle des bois : un retour symbolique
Dans cette logique, le président de la FNC souligne un fait qu’il juge historique : la réouverture de la chasse à la tourterelle des bois. Pour la première fois, un moratoire européen a été levé grâce à des données scientifiques et à un dispositif de gestion adaptative porté par la France dès 2016.
Pour Willy Schraen, ce retour à la chasse d’une espèce longtemps interdite constitue un signal fort. Il démontre, selon lui, que la chasse peut s’inscrire dans une démarche raisonnée, encadrée et fondée sur la connaissance scientifique.
Le dossier du loup, entre biodiversité et régulation
Autre dossier emblématique évoqué dans le bilan 2025 : celui du loup. Si l’animal fascine et alimente de nombreux récits, Willy Schraen rappelle qu’il pose aussi de réels enjeux de gestion et de biodiversité.
Le changement de statut du loup au niveau européen ouvre, selon lui, la voie à une régulation plus pragmatique de son développement. L’objectif affiché n’est pas la stigmatisation, mais la recherche d’un équilibre entre protection de la biodiversité, activités humaines et sécurité des territoires.
Une inquiétude croissante face aux violences et au traitement médiatique
Le discours de Willy Schraen prend un ton plus grave lorsqu’il aborde les violences subies par les chasseurs. L’année 2025 aurait marqué un nouveau palier, avec des agressions physiques et morales toujours plus nombreuses, jusqu’à une tentative de meurtre à l’arme blanche évoquée dans son intervention.
Il dénonce également ce qu’il considère comme une faiblesse de la réponse pénale et un traitement médiatique biaisé de certains faits divers liés à la chasse. Des séquences, selon lui, sorties de leur contexte et utilisées pour nourrir une vision caricaturale du monde cynégétique.
Une chasse revendiquée comme responsable et utile
Malgré ces tensions, Willy Schraen conclut son bilan 2025 sur une note de fermeté. Il rappelle que si l’État confie aux chasseurs des missions de service public, c’est parce qu’il reconnaît leur sérieux et leur sens des responsabilités.
Sécurité, respect des règles, cohabitation avec les autres usagers de la nature : autant de principes que la FNC affirme vouloir continuer à défendre. La reconduction du partenariat avec la Fédération française de randonnée s’inscrit dans cette volonté de dialogue et de coexistence apaisée.












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