C’est un contrôle pour le moins original qui s’est déroulé le 20 décembre dernier sur les terres ardennaises. À l’initiative du parquet de Charleville-Mézières, la gendarmerie, l’Agence Nationale des Fréquences (ANFR), l’OFB et l’ONF se sont associés pour passer au crible l’usage des talkies-walkies par les chasseurs locaux. Objectif : vérifier la conformité des fréquences utilisées lors des battues au grand gibier, afin d’éviter tout brouillage des réseaux civils ou militaires.
Des règles strictes, une législation complexe
Si la fédération départementale des chasseurs des Ardennes (FDC 08) précise les canaux autorisés dans son schéma départemental de gestion cynégétique, l’utilisation de fréquences non agréées constitue un délit. Le code des postes et des communications électroniques est formel : employer une fréquence sans autorisation, même pour organiser une battue, expose à des sanctions et, potentiellement, à des conséquences inattendues sur d’autres services sensibles (déni de service, brouillage d’infrastructures, voire mise en danger d’autrui).
Des chasseurs assimilés à des hackers ?
La gendarmerie ne manque pas de rappeler que, bien souvent, les chasseurs ignorent les risques techniques et juridiques liés à l’usage de certains appareils. L’explosion de l’internet et la multiplication des besoins en fréquences compliquent encore la donne. Mais voir les équipes cynégétiques locales comparées aux cybercriminels laisse perplexe plus d’un rural : difficile d’imaginer qu’une battue en lisière de forêt devienne un enjeu de cybersécurité…
Priorités rurales et bon sens sur le terrain
Si la législation doit être respectée, certains s’interrogent toutefois sur la hiérarchie des urgences : mobiliser autant de moyens spécialisés pour contrôler quelques fréquences utilisées le temps d’une battue, est-ce vraiment la priorité ? Alors que le territoire affronte bien d’autres défis: dégâts de gibier, sécurité des campagnes, braconnage ou trafic en tous genres. Ainsi, beaucoup aimeraient que les efforts des forces de l’ordre s’orientent d’abord vers les vrais problèmes du monde rural.











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