Dans la Creuse, la police de l’environnement multiplie les contrôles auprès des chasseurs dans le cadre de la campagne nationale de sécurité à la chasse menée par l’OFB du 29 novembre au 14 décembre. Objectif officiel : réduire l’accidentologie en rappelant les règles et en sanctionnant les comportements à risque. Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes : 500 contrôles réalisés, seulement cinq verbalisations, soit 1 % d’infractions. Loin des fantasmes, la chasse creusoise apparaît surtout comme une activité très encadrée, largement maîtrisée par ses pratiquants.
La police de l’environnement au cœur des battues creusoises
Un dimanche de fin novembre, deux agents de l’Office français de la biodiversité sillonnent la campagne creusoise. À bord de leur véhicule de fonction, ils recherchent les panneaux jaunes signalant une battue ou la présence de chasseurs isolés. À la rencontre d’un premier nemrod, le rappel des fondamentaux est immédiat : l’arme doit être présentée canon dirigé vers un espace sans danger, permis et assurance sont vérifiés. Plus loin, les agents tombent sur un panneau jaune chasse en cours. Les règles sont globalement respectées, mais l’ajustement est précis : « Les panneaux sont bien posés, mais ils sont posés un peu trop loin. Quand on rentre dans la zone, on ne sait pas trop où la battue va se dérouler précisément. Donc là, on leur demande de resserrer un peu leur matérialisation. » explique Alain Gerbaud, inspecteur environnement OFB 23 à nos confrères de France 3 Nouvelle Aquitaine. La logique est claire : sécuriser, clarifier, corriger les détails avant qu’ils ne deviennent un problème.
Un schéma cynégétique très encadrant
Ces opérations de contrôle, apparues il y a seulement deux ans en Creuse, s’inscrivent dans le schéma départemental cynégétique établi par la préfecture et la fédération des chasseurs. Ce document fixe l’ensemble des règles de la pratique : périodes de chasse, plans de gestion par espèce, consignes de sécurité, signalisation des battues. En 2022, le département comptait 6 521 chasseurs enregistrés, dont près de 40 % âgés de plus de 60 ans. Une population expérimentée, formée aux règles, mais qui reste dans le viseur des autorités pour garantir un haut niveau de sécurité, notamment lors des chasses collectives. En Creuse comme ailleurs, ces contrôles du week-end vont se poursuivre jusqu’à la fin de saison dans le cadre de la campagne nationale.
500 contrôles, cinq verbalisations seulement
Depuis la mise en place de ce dispositif, les habitudes ont évolué. En 2024, 500 contrôles ont été réalisés pour seulement 31 verbalisations. Cette année, on ne recense plus que cinq sanctions, soit environ 1 % des chasseurs contrôlés. « On est plutôt dans la moyenne. On a une pratique avec un schéma qui, certes, est nouveau avec des contrôles qui ont été un petit peu renforcés sur le territoire. Mais au cours de cette dernière saison, on voit que les comportements ont évolué, avec beaucoup moins de verbalisations et de fautes commises. » constate Morgan Pochoday, chef du service départemental de l’OFB 23. De fait, la très grande majorité des interventions relève de la pédagogie : rappel du transport des armes déchargées, du passage de route, du respect des panneaux et de la signalisation.
Des chasseurs qui assument les contrôles
Sur le terrain, les chasseurs ne se disent pas contrariés par ces vérifications, bien au contraire. Un jeune pratiquant, contrôlé pour la première fois depuis l’obtention de son permis, résume l’état d’esprit : « Il en faut des contrôles, je pense. Ca donne aussi une bonne image de la chasse et montre qu’on ne fait pas n’importe quoi. Et qu’il y a des gens qui sont là et qui servent de garde-fou. » Un autre chasseur, plus âgé, abonde, non sans un brin d’ironie : « On a quand même une arme à feu à la main, ça parait logique (…) Comme on n’a pas le permis depuis longtemps, on a bien été formés. Puis maintenant, il y aura des formations tous les dix ans. »
Une image de la chasse loin des caricatures
Entre un discours médiatique souvent focalisé sur les accidents et la réalité des contrôles, l’écart est flagrant. En Creuse, comme dans les autres départements concernés par la campagne nationale de l’OFB, les chiffres montrent une chasse encadrée, contrôlée, avec un taux d’infraction extrêmement faible. Les opérations de la police de l’environnement rappellent certes les règles et sanctionnent les rares manquements, mais elles mettent surtout en lumière le sérieux d’une immense majorité de chasseurs qui jouent le jeu et assument leurs responsabilités. Une réalité de terrain rarement relatée dans les polémiques médiatiques, mais qui pèse lourd quand on regarde les faits : 500 contrôles, 1 % d’infractions, et une chasse creusoise qui apparaît, chiffres à l’appui, comme l’une des activités les plus surveillées et les plus respectueuses des lois du monde rural.












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