La scène a profondément marqué un auditeur de France Bleu. Sur une route du Cap Corse (Haute-Corse), un sanglier a été retrouvé pendu à un collet, en bordure de voie. Un cas qui suscite l’émotion, mais qui pose surtout une question de fond : celle du respect des règles et de l’éthique en matière de piégeage.
Une découverte choquante en bord de route
Selon le témoignage relayé à l’antenne, l’animal aurait été pris dans un collet fixé à une clôture, en bord de route. Une situation qui interpelle immédiatement. Au-delà du malaise provoqué par cette scène, c’est surtout le contexte qui pose problème. La pose d’un tel dispositif à proximité d’un axe ouvert au public représente un risque évident, notamment pour les chiens en promenade ou de chasse, mais aussi pour toute personne susceptible de s’en approcher.
Un acte qui relève du braconnage pur et simple
Sur ce type de cas, il n’y a pas d’ambiguïté. Un collet posé en bord de route, sans encadrement, ne relève pas de la chasse ni du piégeage réglementé, mais bien du braconnage. La réglementation est pourtant claire. Le piégeage ne s’improvise pas. Il nécessite un agrément délivré après formation auprès d’une fédération départementale des chasseurs (FDC), un numéro officiel attribué par les services de l’État, et l’utilisation de dispositifs homologués, déclarés et identifiables. Dans ces conditions, l’installation sauvage d’un collet constitue une infraction caractérisée.
Des règles strictes pour une pratique encadrée
Le piégeage légal repose sur un cadre précis. Chaque piège doit être autorisé, identifié et contrôlé. Les lieux de pose sont également soumis à des règles strictes, notamment en matière de distance avec les routes et les chemins ouverts au public. Dans le cas du sanglier, les choses sont encore plus encadrées. Même dans les territoires où l’espèce peut faire l’objet de mesures spécifiques, le recours au collet n’est pas la norme. Ce sont des dispositifs de capture en cage piège qui sont préconisés, sous autorisation préfectorale et sous supervision. Autre point essentiel : les dispositifs de type collet, lorsqu’ils sont autorisés dans certains cas particuliers, doivent répondre à des exigences techniques précises, notamment la présence d’un arrêtoir, et faire l’objet d’un contrôle régulier. Rien de tout cela ne semble correspondre à la situation observée en Cap Corse.
Un danger réel pour les chiens et les usagers
Au-delà de l’illégalité, c’est le danger pour la sécurité qui doit être rappelé. Un collet posé sans contrôle peut piéger n’importe quel animal. Un chien qui suit une piste, qui s’éloigne quelques instants, peut s’y retrouver pris avec des conséquences graves, voire mortelles. Ce risque concerne aussi bien les chiens de chasse que les animaux de compagnie. C’est précisément pour éviter ce type de situation que la réglementation impose des règles strictes et des contrôles réguliers.
Les chasseurs en première ligne contre ces dérives
Ce type de pratique porte atteinte à l’image de l’ensemble du monde cynégétique. À juste titre, les structures encadrantes rappellent que le piégeage est une activité technique, réglementée et utile lorsqu’elle est pratiquée dans les règles. Mais elle ne tolère aucun écart. Les chasseurs et piégeurs agréés sont les premiers concernés par ces dérives, qu’ils condamnent fermement. Car c’est une question éthique et de sécurité, nous ne le répèterons jamais assez.
Rappel des principes essentiels
Un cadre légal existe, il est précis, et il doit être respecté. Formation, agrément, dispositifs homologués, distances de sécurité, contrôles réguliers : rien n’est laissé au hasard. S’en affranchir, c’est basculer immédiatement dans l’illégalité. Dans cette affaire, comme dans d’autres, une chose est certaine : ce type de pratique n’a rien à voir avec le piégeage ni avec la chasse. Elle relève du braconnage, et doit être traitée comme telle.












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